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Game of Thrones : et c'est la fin ! 

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Des prouesses cinématographiques aux enseignements pour la vie !

Toutpourletrone

Game of Thrones : Tout pour le trône !

Après 8 ans de rendez-vous angoissants, mais non moins palpitants et exaltants, pour vivre les luttes sanglantes livrées par les nobles familles de Westeros pour la conquête du trône de fer, au royaume des sept couronnes, il est venu le temps de passer à autre chose. The game is over ! Ainsi ont décidé producteurs et réalisateurs de la série Game of Thrones, familièrement appelée GOT.  Au bout des guerres et des alliances entre les Barathéon, les Geyjoy, les Lannister, les Martell, les Stark, les Targaryen et les Tyrell, un pacte a été conclu. Les survivants ont désigné par consensus Bran, le plus jeune des Stark, comme le Roi du royaume des six couronnes et non plus sept ; car le nouveau Roi s'est empressé d'accorder l'indépendance au Nord à la demande de sa soeur Sansa qui devient la Reine de cette contrée dont Winterfell ets le fief. Longue vie aux derniers des Stark !

8 saisons de 73 épisodes ! Mais qu’elle fut longue à venir cette fin tant attendue mais toujours redoutée ! Et pourtant, certains pleurent déjà et en redemandent encore. Car ils furent nombreux les coups de cœur devant les prouesses cinématographiques. Et les coups de gueule aussi devant les dénouements inattendus. Que d’émotions mises en scène ! Que de batailles rangées ! Que de talents sur un même plateau pour nous plonger dans ces légendes anciennes où l'on gagnait ou mourait pour une idée du pouvoir ! Que de titres épiques pour conter cette histoire de feu et de glace ! De l’hiver qui vient (et menace) à la route royale ; Du Nord qui se souvient aux contrées nocturnes ; Des guerres à venir aux insoumis et invaincus ; De la danse des dragons à la femme rouge ; De la bataille des bâtards aux vents de l’hiver ; De l’au-delà du mur à la longue nuit ; Du dernier des Stark aux cloches qui sonnent, Que de douleurs et d'horreurs !  Que d'espérance et d'impatience ! Qu de violence et de luxure !

Toute une litanie de récits, ponctués de drames, d’enculades, de trahison, de bravoure, d'insolence, de témérité ou de fidélité, pour annoncer celui ou celle qui gagnera l'adhésion de tous pour sièger sur le trône de fer. Une quête déshumanisante, même si elle reste étincellée par quelques actes de grandeur et de noblesse. Un jeu macabre au bout duquel, on gagne ou on meurt. Et entre ces extrêmes, que de bouleversements ! Que de dénouements renversants ! Que de guerres et de morts ! Que de viols et de débauches ! Que d'infirmes et d'estropiés ! Que de coups bas et de trahisons ! Mais aussi, que d’actes de loyauté et de courage ! Que d’engagement pour l’honneur et le devoir ! Que de cruauté ou de dévotion ! Que de sacrifices pour une certaine idée du royaume, du pouvoir, de la spiritualité (on ne peut pas oublier le grand moineau)de la justice ! Mais aussi de la vie !  

Oui, de la vie prise du côté obscur d'où l'on ne revient jamais indemne.....Comme Cercei Lannister, cette reine maudite qui s'est laissée consumer par l'ivresse du pouvoir ne pensant qu'à la luxure et à la vengeance, quitte à s'envoyer en l'air avec son frère ou à sacrifier ses enfants. Comme Daenerys Targaryen, cette prétendante au trône qui est passée de la lumière aux ténèbres en décevant tous ses fidèles sauf les plus indigents.
 
Qu'importe dira t-on ! Les gens ont tout donné et ont tout sacrifié pour ce en quoi ils avaient foi. Le royaume, l'argent, la luxure et le pouvoir, pour certains. L'honneur, le devoir, la justice, la témérité et la vérité, pour d'autres. Entre ces deux rives éloignées, le fossé est profond et même vertigineux ! Pas de nuances de gris ! Pas d'équlibristes ! Mais, qu'importe ! Car, au final, les méchants semblent avoir été vaincus. Du moins, en partie ou en apparence ! On verra bien, en cas d'un probable sursaut de reprise..... 

Dans l'immédiat, pour les peuples du royaume des six couronnes plus une,  l’hiver s’en est allé. Du moins, avec la disparition du spectre des marcheurs blancs et de l’affreux roi de la nuit, il n’y aura plus de menace venant de l'au-delà du mur. De même, avec la disparition des derniers belligérants, représentés par les plus belliqueux des Lannister et des Targaryen, c'est peut-être aussi la fin des guerres sanglantes entre les nobles de Westeros et d'Essos, pour conquérir un trône qui n’existe plus, dans un royaume calciné, recouvert de cendres et peuplés d’hommes et de femmes brisés, meurtris. L'urgence est ailleurs : se souvenir de cette débauche de violence pour se reconstruire dans l'unité et la paix.

Les bruits de fond de la série comme échos de notre monde

C’est donc une fin douce-amère que nous a livré Game of Thrones en ce printemps 2019. Mais, la tristesse, n’est pas que celle qui ponctue le récit ; c’est aussi celle des cinéphiles qui n’auront plus rien à espérer ce weekend, ni même l’année prochaine. Et oui, comme dans toute bonne histoire, il faut se séparer des héros, ne plus redouter leur mort, ne plus s’enthousiasmer de leurs exploits. Et peut-être, le temps pour une autre série d’effacer leur souvenir, certains vont au fil des semaines et des mois prendre conscience de l'absence des ces personnages et mesurer combien ces héros leur étaient familiers et proches.

Cependant, Game of Thrones n’a pas livré que de bonnes notes. Loin de là. Car, malgré les prouesses cinématographiques, malgré le talent des acteurs, malgré l’envoutement de la bande générique qui annonce la série ou des dizaines de titres musicaux qui nous plongent dans les drames de la serie sur des rythmes à couper le souffle, il y a eu de grands ratés. Je ne veux pas parler des couacs cinématographiques et des erreurs de casting que certains prennent plaisir à relever. Je parle de quelques incohérences qui ont dévié le récit de son fil logique pour l'amener vers ce aui semble une voie de garage précipitée.

Non pas que tout soit mauvais dans la fin. Mais, certains n’arrivent pas encore à digérer ou même à expliquer l'effondrement soudain de Daenerys Targaryen. Comment a-t-elle pu sombrer si vite dans la folie, voguant avec frénésie vers le côté obscur du pouvoir. Elle, qui a pourtant symbolisé, pendant les 7 premières saisons, tout l’espoir de justice et de paix pour le royaume des sept couronnes. Elle qui fut, tour à tour, redoutable et intraitable dans la vengeance mais remplie de miséricorde et de clémence. Elle qui fut la briseuse de chaines, la reine promue, pleine d’empathie, qui rend la liberté aux peuples situés aux confins du royaume des sept couronnes. Ce fut un peu navrant et douloureux, du moins précipité et inattendu, de la voir basculer dans la folie au point de demander à Drogon, son arme atomique, de cracher le feu sur une population désarmée et aux abois.

Ce fut encore plus cynique de la faire apparaitre triomphante, sur les ruines de Port Real, précédant son dragon dans un rapprochement qui empêche de les dissocier. Au point que les ailes de la bête donnent l'impression d'être une extension du corps de la femme, confirmant la métamorphose indigente.  Et son discours, devant son armée métamorphosée aussi en barbares égorgeurs, est des plus terrifiants, car annonçant une internationalisation de la barbarie. Un discours qui scellera son destin de feu dans la glace, car livrant la certitude d'un non-retour vers la lumière tant le déni de culpabilité est immense chez la mère des dragons. Devant le spectacle de l'hécatombe causée par son dragon sur une population désarmée, alors que les cloches annonçaient la reddition des soldats de Port Real et la fin des combats, elle n'a fait montre d'aucun regret et d'aucun sens de responsabilité. Et même qu'ayant pris goût à la guerre et au massacre d'innocents, elle promet d'internationaliser ses méthodes. Comment mériter l'espérance s'il n'y a pas un signe de repentance et un acte de pénitence ?

Pour d’autres, c’est la mort de Jaime Lannister qui n’a pas de sens. Comment quelqu’un qui s’est montré si chevaleresque et si noble dans le devoir, au fil des saisons, peut n'avoir survécu à ce déluge de feu et de glace que pour se précipiter vers la mort dans les bras de celle qui fut sa sœur, son amante, et sa reine maudite ? Ce sacrifice égocentrique contraste avec tout ce que le personnage a fait, notamment quand il avait décidé de rejoindre Winterfell pour combattre les marcheurs blancs au côté de ceux et celles furent restés fidèles aux Stark et à Daenerys.

Qu’importe ! On retiendra toutefois que cette mythique histoire, pour fictive et lointaine qu’elle se veut, nous a livré le reflet d'un monde dont les errements, les préoccupations, les folies, les débauches et les dérives font écho à notre époque combien médiocre et indigente. Un monde où la diversité effraie et où les noirs n’existent pas. En tout cas, un monde entièrement dominé par les blancs, qu’ils soient des spectres ou des hommes. Un monde en qui justifie toutes les barbaries, toutes les déviances. Un monde qui s’enivre de violences, de débauches, de racisme et de sexisme. Un monde déshumanisé par sa quête incessante de pouvoir et de luxure.

Les leçons à retenir : honneur et sacrifice
Mais cette quête sanglante et jouissive pour le pouvoir contient aussi pleins d’enseignements pour le présent et l'avenir. Notamment des enseignements qui montrent qu’aussi lourde et sourde que soit une menace indigente, on peut la surmonter et la vaincre. Ce fut le cas de la menace des marcheurs blancs et du roi de la nuit. Eux qui ont fait frissonner les humains du royaume des sept couronnes pendant des siècles. Eux qui ont amplifié leur menace par l’acquisition d’une nouvelle arme de destruction massive symbolisée par le dragon revenu d’entre les morts et crachant son feu bleu de nuit pour ouvrir la brèche dans le mur réputé infranchissable.

Mais, on connait la fin. Au bout de la longue nuit, la solidarité, l'engagement, le sens de l'honneur, la foi en l'humanité de la majorité, les tours de sorcellerie des prêtresses du dieu de la lumière ont vaincu l’obscurité et ont permis aux humains de se regrouper et de survivre à l'hiver et à l'horreur. Certains n’ont pas hésité à se sacrifier pour rendre possible cette victoire. On retiendra notamment le sacrifice de Theon Greyjoy, l’écorché des Bolton qui a combattu au péril de sa vie pour protéger Bran qui deviendra le Roi.  On ne peut oublier, Jorah Mormont, le fidèle d’entre les fidèles, qui s’est sacrifié pour cette reine (Daenerys) qu’il a secrètement aimée et dont il ne verra pas le couronnement mais aussi le basculement dans la folie et la déchéance. Et comment oublier Hodor, ce doux géant, qui s’est sacrifié, dans la saison 6, pour protéger, des spectres du roi de la nuit, Bran, le jeune Stark infirme mais possédant un immense pouvoir ? Comment ne pas évoquer aussi le sacrifice du loup géant pour sn maitre ? On notera au demeurant qu’il s’appelait été et qu’il s’est sacrifié pour protéger son maitre de la menace des spectres venus du froid sur le souffle des vents d’hiver. Tout un symbolisme qui rappelle le cycle mythique des saisons qui meurent pour que d’autres fleurissent. La mort qui donne la vie, la douleur qui rassure, l’étincelle qui s’enflamme et consume son énergie pour porter la lumière et la chaleur plus loin , là où les peuples agonisent dans le noir et dans le froid.

Nourri par tant d’enseignements, on doit se dire que sur d'autres espaces, cette intelligence collective, ce sens du sacrifice, cette culture de l’honneur sont aussi possible. Comme je ne cesse de le répéter, les héros ne triomphent que parce qu’ils sont aidés par des gens qui croient en la noblesse de leur cause et qui sont prêts à tout risquer pour leur permettre de réussir. 

L’enseignement de Game of Thrones, c’est aussi celui livré par Tyrion Lannister dans son argumentaire pour choisir le nouveau roi du royaume des sept couronnes. « Rien ne vaut une bonne histoire », dit-il. « Car ce qui unit les peuples, au-delà du temps et par-delà les espaces, ce ne sont ni les armées, ni les réserves d'or, ni les réserves de nourriture ; ce sont les (belles) histoires ». L’histoire des Stark qui héritent du trône est une belle histoire qui raconte que l’indigence ne triomphe pas toujours là où il y a l’intelligence.

Une manière de rappeler aux Haïtiens et Haïtiennes que c’est à eux d’inventer leurs légendes pour cesser de vivre dans les rêves des autres, c’est à eux d’inventer leur futur et de se prendre en mains pour éloigner les envies d’ailleurs qui structurent leur indigence.  Ceci dit, une belle histoire n’est pas forcément une histoire de guerre qui finit dans la paix. Elle peut aussi commencer par l’urgence de laisser refleurir sa conscience pour y faire germer une écologie de valeurs éthiques afin d'augurer la perspective d'une nouvelle saison pour son pays. Une bonne histoire peut aussi être un message repris, redit pour rythmer le chant de l'inespéré et éclairer comme une étincelle rougeoyante le passage dans l'obscurité de ceux qui espèrent. Une bonne histoire, c’est aussi l’entêtement de se dire que le monde peut se remettre à espérer et à chanter si on trouve les mots justes pour parler à la conscience des hommes. Car comme dit le poète " il y a un chant endormi dans tout ce qui vit, et il suffit de retrouver les premiers mots " pour que le rythme s’impose et prenne possession de la vie. 

Mais cette fois, de la vie du côté de l'espérance, de la lumière, de la vérité et de l'intégrité. Game of Thrones s’en est allé, mais l’hiver reviendra sur Westeros et sur le monde, tandis que l'indigence restera sur Haïti. Sachons retenir les enseignements, sachons être du côté de la lumière pour jouer notre rôle afin que l’histoire soit digne d’être racontée à nos enfants et à nos petits-enfants.
 
Erno Renoncourt