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Pédagogie des Opprimés contre Démagogie des Diplômés

Vers un Pacte pour sortir du gouffre

RelianceSystémiquePourConstruireleChangement
Il m’est apparu que l'effervescence des rues, paralysant Haïti, depuis deux mois, est en lien avec l’insignifiance des gens de savoir et de pouvoir. Ces gens de peu, s'étant installés dan la hiérarchie économique, sociale, culturelle et politique, ont appris à s'accommoder, décennie après décennie, de toutes les médiocrités tranquilles, pourvu qu'elles soient propices à leur rayonnement obscur. 

Au vrai, je suis habité par l’idée que la performance globale d’une société, notamment sa performance politique, ne peut venir que d’une reliance systémique agissante entre l’ensemble de ses parties prenantes. Alors il me semble improductif de vouloir trouver des hommes politiques qui apportent une offre de performance dans un écosysteme qui ne stimule pas et ne modélise pas la performance. Dans le contexte d’effondrement total que vit Haïti, la perfromance ne peut se construire que par l’engagement résolu de chaque groupe, de chaque secteur et de chacun à renoncer à la malice de la débrouillardise individuelle qui tue l'intelligence collective. 

Il nous faut avancer vers un pacte éthique qui permettra au collectif de se prendre lui-même en charge et d’apprendre à gérer ses conflits dans l’intérêt supérieur de l’espace commun partagé et habité par tous et par toutes, san injonction externe. Il nous faut un pacte d’engagement et de responsabilité pour acter du malaise social et économique afin de canaliser le mal-être collectif vers un apprentissage pour que chacun s'améliore au profit de tous. Il faut à Haïti un pacte inscrit dans la trajectoire de l’économie de la connaissance pour faire germer une nouvelle écologie de valeurs et faire fleurir les standards à distiller dans la culture comme autant de principes fondamentaux et indispensables pour l'épanouissement de toute vie : apprendre à être humain, cultiver la reliance avec son milieu et vivre dans une permanente dignité pour laisser une empreinte éthique que d’autres suivront ou enjoliveront, au-delà de « ce lent pourrissement qu’est la vie ». 

Il m'est apparu que devant l'insignifiance et la putréfaction cpomme avenir de toutes les choses matérielles, vivre ne peut avoir de sens que si s'inscrit dans une trajectoire de vibrations éthiques pour échapper à l'oubli et à la déchéance, en s'offrant une renaissance dans la mémoire de ceux et de celles qui nous suivront.

Dit ainsi, cela parait utopique et inespéré. Et pourtant cela reste possible, dans la mesure où les intelligences disponibles apprennent à se regrouper pour faire converger leurs étincelles vers un possible humain qui échappera à l'étouffoir du réel indigent. Manifestenent, cela reste possible, si chacun consent à renoncer à son MOI indigent, fait de Médiocrité, d'Opportunisme et d'Invidualisme, pour construire avec les autres une altérité et une solidarité à travers des liens qui magnifieront la cohésion sociale. Il ne s'agit pas d'un pacte qui entretiendra l'illusion de la disparition des divergences et des contradictions sociales.; mais, d'un pacte comme mise en reliance des ressources de l'écosystème pour valoriser et électriser le capital humain. Car, il est hautement imporobale de trouver des gens responsables et intègres dans un environnement qui fait l'éloge de la criminalité, onsacre le succès de la médiocrité en récompensant l'impunité.
 
Le CRI de l’engagement pour la performance
Il m'est apparu que l'effondrement de l'écosystème haïtien peut s'expliquer par la même loi de la gravitation universelle qui explique la courbure de l'espace-temps. Sous l'influence d'une extrême précarité, appelée indigence, tout se déforme par absence de qualité, de dignité, d'integrité et d'humanité. : moins par moins égal plus !

Fasciné par les courses silencieuses des étoiles au-dessus de ma tête de petit nègre, à qui les experts, les diplomates et les penseurs de service de la communauté internationale interdisent toute exigence de qualité pour pouvoir mieux étaler leur expertise douteuse, il m’est apparu qu’aux frontières des trous noirs, les particules superficielles, piégées par l’hypergravité, dérivent toujours dans une course folle et s’entrechoquent en dégageant une fumée qui apparait au loin comme une lumière diffuse (rayonnement indigent).

Pardonnez cette charge violente contre l’indigence, mais il me semble fortement probable que « moins par moins égal plus » soit une règle valable au-delà du calcul algébrique. Il faut faire régner la précarité au Sud pour que l'expertise et la diplomatie obsolètes du Nord aient un marché de service au SUD qui leur assure un certain succès afin qu'elles ne transforment pas le Nord en foyer d'insurrection. Deux faiblesses s’appuyant l‘une sur l’autre génèrent une inertie qui équilibre l’écosystème en induisant une règle tacite de réussite indigente.  Ainsi, l’impuissance collective et l’indignité de la pensée finissent par s’accorder pour faire de l’imposture la clé d’un succès douteux appelé résilience. C'est l'application de moins par moins égal plus. 

Quand le intellectuels, les éditiorialistes et les experts haïtiens, en service commandé, pressent le peuple haïtien de dialoguer avec un pouvoir ayant à sa tête des hommes sans éclat, sans dignité, sans honneur, dépourvus de légitimité, indexés dans des rapports de corruption et de massacre, inculpés ou suspectés de blanchiment d'avoir ou d'acoitances avec les gangs de rues, c'est pour offrir à leur enfumage académique et médiatique un champ obscur qui deviendra leur espace de rayonnement. Quand les diplomates du COREGROUP, représentant les USA, la France, le Canada, l'Allemagne et le Brésil, demandent aux Haïtiens d'accepter d'être representés politiquement par des corrompus et des crapules jusqu'aux prochaines élections, lesquuelles seront programmées dan sles memes condition indigentes pour reconduire ou renouveler les mêmes crapules, c'est pour donner un faire valoir à leur propre médiocrité. 

Pardonnez, cette présomption venant d’un inculte et d’un pauvre nègre des caraïbes, mais c'est bien connu que le leadership médiocre choisit toujours ses interlocuteurs et ses colalborateurs parmi ce qu'il y a de plus affreux. la stratégie du pire par l'équilibre des médiocres. De fait, la pensée universitaire, médiatique et diplomatique qui a besoin de l'indigence comme vide et absence de qualité pour s'épanouir n'est qu'une pensée médiocre et précaire. Quand dans un pays, université, école, institutions professionnelles, maternité, pharmacie, services publics et privés sont à l’arrêt depuis deux mois et que la pensée ne se révolte pas et ne se propose pas, comme alternative durable à l’indigence, pour frayer une voie vers la sortie, afin de vaincre l’impuissance, c’est qu’elle n’est pas gênée et ne ressent aucun inconfort vis-à-vis de l’effondrement. Mais pouvait-il en être autrement, quand cette pensée, n’est elle-même que le résultat d’un effondrement culturel appelé Impensé Structurel ? Comment peut-on se révolter contre ce qui assure notre succès. 

On comprend alors mieux, à l'aune de cette règle algébrique "moins par moins égal plus", ce devoir de reconnaissance qui vaut à l'imposture universitaire, médiatique et diplomatique d’être intraitable avec la pensée critique alors qu’elle s’accommode de la pensée politique indigente, avec qui elle développe des accointances et une solidarité au parfum de liaisons dangereuses pour le collectif. Car si le peuple a des exigences de qualité, qui consommera les produits avariés et trafiqués des nos boutiquiers se faisant passer pour des entrepreneurs ?  Qui acceptera de consommer l'eau distribuée dans ces épiceries que tout homme sachant lire devait fuir, car portant un nom evicateur : Eau Secours ! Qui acceptera que tous les services soient facturés en dollars américians dans un pays ayant 80% de chômeurs dont 95% recoivent leur salaire en gourdes sans ajustement au taux du jour ? C'est la précarité que chacun fait régner autour de lui qui lui consacre son rayonnement. Et quel rayonnement ! 

Dans le fil de cette présomption qu'on ne manquera pas de me reconnaitre et qu'on cataloguera au rayon de l'aigreur et de la frustration, il m’est venu cette insolente provocation : opposer, à la médiocrité et à la démagogie des diplômés, en œuvre en Haïti,  la pédagogie et la dignité des opprimés.

N’est-ce pas choquant d’entendre des professeurs d’université, des chercheurs et autres experts amidonnés recommander au peuple d'accepter la médiocrité qu’on lui impose et qu’il ne doit jamais aller à la rupture par souci de tranquilité ? N’est-ce pas frustrant de voir des directeurs d’opinion, des leaders politiques et autres acteurs non étatiques de la société civile s’efforcer, avec grande indécence, de convaincre la population de s’accommoder du présent indigent, comme d’une fatalité, car le passé était corrompu ? N’est-ce pas révoltant d’entendre des diplomates étrangers, réunis en syndicat battant pavillon diplomatique, dire qu'Haïti ne mérite pas mieux que les délinquants qui servent les intérêts de leur pays et souvent les leurs tout simplement ?

Mais, quelle indigence que le savoir devenu futile à force de se montrer docile ! Quelle absence de dignité que la culture qui rêve d'être utile et de servir la continuité pour mieux enfumer le statu quo ! Quelle médiocrité que la pensée qui tombe, trébuche et préfère rester entre les lignes basses de la précarité plutôt que de s’offrir un étrier pour reprendre la chevauchée autrement ! Et pourtant, le peuple haïtien, dans son inculture académique, mais combien riche de la dignité des luttes populaires, ne jure que par la déviance pour s’extirper du gouffre de la violence sociale, économique et culturelle qu’on lui apprend à subir ! Dans sa pédagogie de la rupture et de l’innovation, le peuple haïtien, mieux que ces illustres universitaires, à la dignité combien frustre, sait pertinemment que c’est la reliance qui est source de l’intelligence, que c’est l’appropriation de son destin qui lui permettra de devenir vecteur de changement et héros de son histoire. Pourquoi le peuple haïtien doit-il continuer d’écouter l’histoire de la chasse racontée par les historiens recrutés, décorés et payés par le chasseur ?

Le peuple haïtien a un besoin urgent d’avoir confiance dans ses capacités. Le peuple haïtien a un besoin urgent de reliance pour construire la chaine de la connaissance qui va toujours au-devant de l’histoire, avec la volonté d’apprendre pour faire mieux. Pour cela, il doit inventer ses propres médias, trouver ses propres éditeurs, former ses propres penseurs afin qu’ils fassent rayonner et briller les étincelles de la vérité pour montrer le chemin et ainsi éviter les sentiers battus et rebattus. 

L’intelligence n’est pas de savoir ce qui se passera après la chute de l'auberge de la médiocrité. L'intelligence, c'est d’affirmer haut et fort qu’on ne doit ni tolérer, ni s’accommoder de la pensée qui dégrade la dignité humaine. C’est la tranquillité de la grenouille, confortable au fond de la marmite, qui lui empêche de trouver le réflexe pour sortir de l’eau bouillante. C’est pour éviter cette perte de réflexe que le peuple haïtien doit se tourner vers un autre leadership. Un leadership courageux et crédible et qui n'est pas préoccupé par la prise du pouvoir, mais par la performance institutionnelle, par l’émergence d’un écosystème intelligent et durablement stable, par l’éthique des postures intellectuelles et professionnelles. Il faut que le peuple continue de croire que c’est la demande citoyenne de qualité et de transparence qui fera émerger une offre politique de qualité. Or, cette demande dépend de l’intelligence de l’écosystème, et celle-ci est fonction de la compétence, de l’intégrité et du courage de l’avant-garde qui doit frayer la voie vers la lumière. 

Le triomphe de l’indigence politique en Haïti est intimement lié à l’indigence de la pensée universitaire, culturelle et médiatique :
  • C’est l’absence de reliance de la formation académique qui prive les universitaires de l’éthique de la responsabilité et des valeurs d’engagement pour construire de nouvelles postures professionnelles en rupture du confort de l’employabilité ;
  • C’est la corruption qui prive certains médias d'une ligne éditoriale compétente et courageuse pour opposer les faits à l’imposture des pouvoirs constitués ;
  • C’est l’indignité des experts et l'enfumage des acteurs non-étatiques qui éclaboussent les démarches de la société civile en faisant de la pensée précaire le standard de la réussite professionnelle ;
  • C’est la débrouillardise individuelle, comme marqueur de la réussite sociale, qui tue l’intelligence collective.
Ce n’est pas le logiciel politique haïtien qui est panne, c’est le logiciel humain qui est défaillant. Voilà pourquoi, c’est dans la pensée qu’il faut construire d’abord le changement pour l’orienter vers la compréhension de la complexité des problèmes et la pousser à sortir du culte du simplifié et de l’insignifiance, lesquels finissent toujours par rendre l’erreur inéliminable. Voilà pourquoi, dans cet étouffoir qu’est devenu Haïti, il faut laisser échapper le CRI de la Cohérence, de la Reliance et de l’Intégrité. Il faut distiller dans l‘air de petites bouffées d’air pur qui oxygéneront la pensée, laquelle sublimée et illuminée, cherchera à construire des îlots éthiques pour apprendre à respirer autrement, à penser humainement et à vivre dignement.

Le chant de la dignité pour atteindre l’inespéré
Il est certain qu'il faudra d'immenses efforts pour que ce cri traverse le mur opaque de l’indigence !  Car aucune qualité, aucune transformation ne s'obstient sans douleurs et sans souffrances. Pourtant, malgré cet obstacle puissant, un doute structurant me submerge : il m'apparait que les chants les plus inspirants, les plus motivants sont ceux qui ne peuvent pas être repris facilement. Ils irradient une telle pureté éthique qu’ils découragent ceux qui ne peuvent chanter qu’en contre haut ou en contre bas. Ils exigent une telle charge d’authenticité qu’ils contrastent avec l'imposture des cacophonies de commune expression, dans lesquelles tous se retrouvent et s'applaudissent mutuellement.

Mais, les chants qui parlent à la conscience humaine, les chants qui appellent à la régénération de l'être, pour s'affranchir des pesanteurs de médiocrités séduisantes afin de s'élever vers les sphères hautes de l'intelligence, retentiront toujours comme des silences angoissants, quand ils parviennent aux oreilles de la chorale de l'imposture. Mais, quand, par-delà ces silences, lourds de complicités, ils atteignent les foyers des êtres dignes, ils sont d'abord murmurés, fredonnés, puis intériorisés et enfin repris comme des hymnes entonnés par la foule des anonymes qui apprennent à se reconnaitre dans la rumeur de ces colères inter-dites. Comme s’il s’agissait d’un chant connu, oublié, mais dont le refrain, à nouveau entendu, est partagé comme les mots de passe pour franchir les frontières de l’obscurité et atteindre l'aube de la justice. Ce sont les mots de ces chants qui nourrissent le rêve sans fin de l'inespéré. Ce sont les mots de cette PoÉthique qu'il faut ensemencer pour que les hommes et les femmes apprennent à briller d'abord par leur humanité et leur dignité.

Voilà la nouvelle pédagogie des opprimés à faire retentir contre la démagogie des diplômés ! Voilà la nouvelle utopie collective à nourrir pour faire passer Haïti de la culture de la résilience à l’économie de la connaissance ! Voilà la rupture et la déviance sur les trajectoires desquelles il faut s'inscrire contre toutes les indigences, y compris l’assistance totalitaire qui déshumanise. Voilà le chant à magnifier pour faire reposer les processus organisationnels sur davantage d'intelligence pour induire davantage de cohérence, générer davantage de transparence et garantir davantage de performance.

La performance ne se décrète pas, elle se construit par l’apprentissage d ela connaissance, par l'affirmation des postures de courage et de dignité. Voilà pourquoi, c'est dans la dynamique innovante et déviante de l'économie de la connaissance que se trouvent les clés de la performance. Or, il n'y a de connaissance authentique que là où la mémoire (organisationnelle, collective) est mise en valeur pour électriser le capital humain. C’est cette exigence transformationnelle, c'est cette mise à contribution de la mémoire culturelle comme outil de lutte et de reliance qui tarde à s'imposer en Haïti. Et pour cause !  Car c'est plus facile de réussir par la routine et la médiocrité, si bien que le seul tremplin qui permet aujourd'hui de surfer sur un certain succès en Haïti, c'est d'appartenir au réseau qui fabrique les impostures. Mais, sauf à être totalement stupide, le gouffre vers lequel Haïti dérive interpelle les parties prenantes et les invite à revoir leurs stratégies et leurs modèles de réussite pour y intégrer le cri de la performance globale :  cohérence, reliance et intelligence.


Erno Renoncourt


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