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Le Totem de l'intelligibilité

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S'offrir un totem pour régénérer une humanité abimée !

TotemIntelligibilité
Aucun peuple ne peut atteindre les rives du progrès social, économique et technologique sans sacrifice et sans effort. Sacrifices et efforts étant, du reste, toujours méritoires, il y va comme d’un rituel ancré dans ce qui participe du fondement et de l’essence de toute humanité. Sans eux, tout se vide et se ruine. Tant et si bien que rien n’est accessible au prix de la facilité, de l’insouciance, de l’impuissance et de l’absence d’engagement.
 
Aucun collectif ne peut traverser et surmonter le cycle des turbulences de son histoire sans se fixer sur son terroir, sans s'accrocher durablement à son habitat, sans s’approprier les valeurs qui rythment et modulent l’harmonie entre son écosystème et l’univers. C’est la fusion d’un peuple avec les éléments de cet ensemble harmonieux qui lui permet, contre les sorts les plus acharnés, de se transcender, de se relever et d’affronter les vicissitudes de la nature. Celle-ci, faut-il le rappeler, n’est jamais clémente et bienveillante envers les peuples indolents et les indigents, pas plus qu’elle n’est jamais impitoyable et malveillante pour ceux qui sont résolus, accrocheurs et entreprenants.


À la gloire des peuples indigènes !

Les peuples forgent leur destin de gloire, non pas tant par leur richesse et leur puissance, mais par leur humanité, leur dignité et leur immense solidarité avec les autres peuples. Ils peuvent subir les agressions des éternels prédateurs qui s’arrogent tous les droits, mais leur intégrité fleurira dans la mémoire de tous les peuples qui ont une once de valeur à brandir comme étendard de leur dignité.
 
Vérité, Intégrité, Dignité et Éthique apparaissent donc comme les axes du pilier qui donne sens, cohérence et pertinence à la saga des peuples libres, fiers et rebelles. Et même qu’aucune action humaine n’a de sens si elle est dépouillée de ces 4 valeurs fondamentales qui forment la brique éthique conférant de l’intelligibilité à toute décision humaine. Si bien que la nature se montre toujours moins intransigeante envers ceux et celles qui se trompent quand ils agissent dans la noblesse des principes premiers qui relèvent de la mystique naturelle de la vie.
 
N’est-il pas dit qu’au temps des légendes anciennes, avant que la racaille esclavagiste et colonialiste ne vienne, la nature, les hommes et les animaux parlaient le même langage et vivaient en bonne intelligence ? Malgré d’intenses et répétitifs foyers de frictions qui ont laissé des stigmates dans tous les camps. Si bien qu’en ce temps, l’âme de chaque être humain avait un animal totem qui lui ressemblait et la protégeait. Si bien que chacun se devait s’offrir un voyage initiatique au fin fond de la forêt pour découvrir son animal totem, son porte-bonheur.

Un totem comme représentation du sacré

Cette harmonie du sacré qui fut à la base des « institutions » ou des rapports sociaux des communautés primitives est un marqueur d’intelligibilité. C’est lui qui faisait la gloire des premiers peuples ; qu’ils fussent indigènes ou autochtones d’Amérique, aborigènes du pacifique ou nègres régnant sur les confins des royaumes d’Afrique, avant que le capital ne vienne ouvrir les veines de l’Amérique et saigner à blanc l’Afrique.
 
Au temps de ces légendes anciennes, l’harmonie des hommes avec les éléments de la nature participait du culte de leur adhésion aux principes vitaux de la vie. À travers leur totem, ces peuples autochtones projetaient l’image de leur culture, revendiquaient l’affirmation de leur identité, communiaient l’intensité de leur liaison avec leur terroir et exaltaient, avec insolence, leur ivresse de vivre et leur proximité, voire leur intimité toute fusionnelle, avec la nature.
 
Comprendre cette fusion nous permet de trouver un enseignement profond à capitaliser et que Francis Bacon formulait déjà : On ne peut maitriser la nature qu’en s’efforçant de l’imiter et de la ressembler. On ne triomphe du déchainement des forces de la nature que si on se soumet à leur loi.
Une telle réflexion s’inscrit d’emblée dans la problématique de l’impuissance qui déshumanise Haïti.

Le meilleur ne sera jamais ailleurs, ce sera toujours chez soi !

Il ne peut qu’être entièrement et humainement VIDÉ le peuple qui a déserté ou n’a pas encore trouvé les lieux de culte de cette communion, de cette fusion sacrée avec sa terre. Polluer son environnement, fuir son terroir, partir à la recherche des cieux plus cléments loin des tumultes politiques ou climatiques de sa terre, construire ses succès sur la détresse de la majorité relève d’une insoutenable médiocrité que seule une totale aliénation et privation de conscience justifie. Les peuples intelligents n’attendent pas des opportunités d’emploi pour manifester leur intelligence. Chaque problème, chaque contrainte et chaque difficulté s’offrent comme un défi à l’intelligence et à la connaissance, comme un prétexte pour s’impliquer et apporter des solutions.  
 
Vu le cycle impétueux d’instabilité qui transforme Haïti en un chaos autorégulé par la médiocrité et la corruption, avec des crêtes de violences et des creux d’impuissance, il va sans dire qu’il nous faille inventer un totem pour reprendre possession de l’espace et du temps et construire une cartographie de valeurs aptes à harmoniser, sinon humaniser, la vie.
 
Il faut un retour au temps de la puissance du sacré pour reprendre possession des mythes lointains et chasser l’indigente idée promue qu’on peut être heureux hors de chez soi. De meilleur pour un peuple, ce sera toujours d’assumer l’héritage de sa liberté, de réapproprier sa dignité pour habiter profondément et durablement sa terre, loin des envies et des rêves d’ailleurs. De meilleur pour un peuple, il n’y en aura que par la résurgence de la magie du totem pour réinventer son humanité et réaffirmer sa foi dans l’intelligibilité des forces et le sacré des valeurs qui habitent l’âme de son collectif. C’est le totem qui, dressé comme un pieu éternel, propulse et oriente les vibrations permettant de forcer le passage vers la lumière dans les saisons obscures. C’est lui qui nourrit les consciences et empêche le VIDE de s’installer et de mettre la pensée au ras le sol, en faisant fuir les indolents et les indigents.
 
Dans cette fulgurance, il me vient comme une idée pétillante d’anarchie, pour tout dire d’insoumise méthodologie, de fractaliser le socle de la connaissance utile et futile des précaires et des grégaires pour faire émerger une autre idée de l’intelligence. Une envie d’instaurer une géographie du sacré comme mystique naturelle entre l’homme et son terroir pour reconstruire le lien par lequel tout doit prendre forme, vibrer et se structurer.
 
Alors, Il me vient comme un éternel besoin de provocation à la Berthold Brecht pour remettre Haïti sur ses pieds et inciter les gens à ne plus se contenter de raccourcis et d’expédients sous prétexte de toujours manquer de temps pour habiter la méthode et la rigueur. C’est par les raccourcis de la facilité que le VIDE affaiblit nos consciences et nous met à genoux pour simuler la danse de la servitude.
 
Il me semble que nous devons impérativement arrêter de fuir les problèmes de notre terroir pour mieux les affronter et donner du crédit à ces palmes académiques qui ornent nos diplômes. Nous devons cesser de nous faire les chantres des rêves d’ailleurs pour inventer nos propres légendes et redevenir artisans, ministres et démiurges de nos propres mythes. Il nous faut commencer par cesser d'être les cendres et la fumée dans les nuits de gloire des autres pour assumer d'être les étincelles qui porteront un brin de lumière vers nos bidonvilles. Nous devons assumer notre histoire et ses déboires pour mieux nous situer dans la lignée de sa gloire afin de mériter le sacrifice de nos aïeux et redevenir dignes de la liberté qu’ils nous ont léguée.
 
Il faut réaffirmer le besoin de doter l'écosystème haïtien de valeurs fortes capables de donner du sens aux activités des organisations et de la reliance à nos succès pour construire durablement la stabilité qui nous fait tant défaut. Il faut urgemment rappeler que la compétence n'est jamais autre chose qu'un savoir en situation. Ceux qui fuient leur contexte situationnel en quête de cieux plus cléments ne peuvent être que des gens dépourvus de toute compétence. Car, sans appropriation du contexte, sans marqueur de différenciation, la connaissance ne reste qu’une prétention  ébruitée par un titre académique qui n’est en soi qu’un label publicitaire. Il existe des parcours de vie, des trajectoires d'expériences autant valorisantes, sinon plus enrichissantes, que des trajectoires académiques douteuses et improductives collectivement.
 
Dans un milieu où les gens diplômés sont partie prenante de la médiocrité triomphante, ce n'est plus par le diplôme qu'il faut juger de la valeur d'un individu. C’est de préférence par sa créativité, sa productivité et par la charge de valeurs qu'il apporte dans le devenir de sa société, en s'offrant notamment comme un totem d’intelligibilité sur le mat duquel dignité, intégrité et humanité riment et vibrent comme autant d’échos de cette PoÉthique exaltée porteuse de résurgence et de régénérescence qui veut  nous habiter pour nous extraire de l’abime dans lequel nous vautrons sous le poids de nos succès académiques, économiques et politiques combien indigents.
 
Puisse la magie de ce totem à inventer devenir le creuset qui illuminera nos âmes fissurées et nous fera passer de l’enfumage à l’éclairage, du vide au plein éthique, de l’insignifiance à la reliance, de la disgrâce au totem !


Erno Renoncourt



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