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Aux origines de l'État de passe-droit : Partie 2

L'indignité en folie

EttaDEdroitIndigence

De l’imposture à l’impuissance
 
Comme nous l’avions présagé, il ne s’est rien passé de suffisamment grave pour mettre en péril le pouvoir du PHTK. La colère populaire, étouffée par l’imposture des slogans petit-bourgeois, n’a pas trouvé la puissance pour se transformer en déferlantes capables d’emporter la bannière de l’indigence. Toute indignité bue, toute colère tue, l’indigence rose devra continuer de flotter sur les édifices nationaux. Sans doute, faudra-t-on penser aussi en 2022 à faire graver sur leurs frontons une nouvelle devise : Médiocrité, Opacité, Indignité. L’imposture fait la force (de l’impuissance).
 
Sans nul doute, l’indigence sera moins fière, moins imposante, moins arrogante. Car de toute évidence, engluée dans les eaux boueuses de la corruption et de la criminalité, la rose ne peut être que flétrie. Mais, racolée, avec quelque quelques nuances de gris, de mauve et de ce clinquant vernis de marron, tiré de l’au-delà, grâce au père éternel, elle sera apte à flotter dans la brise de l’impuissance. En attendant que les éruptions de colère dissipées aux quatre vents de l’imposture se gonflent non plus d’impostures mais de dignité, de solidarité et d’intelligence
 
Oxygéner la pensée ar-rosée
 
Je peux certes me tromper dans les détails de ce qui va se passer, mais globalement, le scénario restera invariant sur l’échiquier politique. Le fumier qui permet toujours de tirer une pièce de bois pour enfumer et empester la vie est trop actif, trop foisonnant pour que les acteurs qui se bousculent comme alternance ou alternative ne soient pas que des pions pour donner un peu de fraicheur à cette pestilence. C’est d’ailleurs dans les normes du système de faire diversion, d’allumer des feux de pailles comme contre-feux pour maintenir le statu quo. 
 
Il doit être évident à tout esprit lucide que la médiatisation de la déclaration du nouveau patron du RNDP, à l'émission invité du jour de Vision 2000, participe de cette stratégie qui cherche à promouvoir le pire soit par l’opposition des médiocres, soit par l’enfumage des contre feux.  Il s'agit bien d'une classique diversion médiatico-politique pour discréditer, affaiblir et empêcher toute capacite locale à faire émerger une solution autonome a l'impasse dans laquelle se trouve la communauté internationale avec le PHTK au pouvoir.
 
Et c’est là qu’il faut insister sur le rôle des médias haïtiens dans la structuration de l’indigence. Est-ce pourquoi sur ce blogue, j’en profite pour remercier Haïti En Marche qui choisit spontanément de donner écho de mes réflexions et de les porter vers un large public. C’est d’autant plus appréciable que le contexte local et global dans lequel nous évoluons ne laisse pas toujours de la disponibilité pour faire retentir l’écho d’une pensée critique dont la liberté de ton dérange le modèle d’affaires dominant. Car il est manifeste que, depuis le fameux slogan Haïti is open for business, tout un pan de la pensée et de la culture s’est jeté dans cet étouffoir subventionné pour enfumer la liberté et asphyxier la dignité humaine.
 
Même la pensée s’est laissée teinturée de rose. Et pour cause. Car elle a été ar-rosée de subventions, de publicités. En passant, vous ne trouvez pas étrange que la cour supérieure des comptes n’ait pas trouvé de dépenses douteuses affectées a des rubriques médiatiques alors qu’il y a eu des de folles dépenses pour promouvoir les artefacts en rose : bracelets roses, calendriers en lettre rosées d’or. Peut-être que la CSC/CA n’a pas pris le temps de faire le détour vers ces contrats de consultations qui se multiplient en faveur des journalistes qui, bien que travaillant dans des médias privés, ont des contrats de consultation dans les institutions publiques, quand ce n’est tout simplement de juteux frais.
 
De l’impuissance à l’indignité
 
Il est manifeste que quand la pensée plie sous le poids des subventions, aussi aliénantes et infamantes, elle ne peut plus s’élever dans les hautes sphères de la conscience pour laisser ébruiter les radiations qui magnifient la dignité humaine. Juste pour dire que l’impuissance dans laquelle nous vivons n’est pas une fatalité. Elle est rendue possible par la permanence de ce fumier, dont je parlais au début, qui est volontairement maintenu actif et foisonnant pour enfumer tout éclat de la dignité nationale. Ce fumier est nourri par quatre foyers qui portent toutes les déficiences du collectif. Il y a d’abord le foyer de la corruption et de la crapulerie des élites économiques, le foyer de l’insignifiance des forces politiques, le foyer de l’imposture des classes moyennes et petites bourgeoises, et le foyer de l’indignité des élites culturelles.
 
Il y un certain proverbe émanant des lieux où la pensée n’est pas contrainte et bousculée par la précarité qui invite toujours à éviter la posture rampante quand les vagues s’agitent et se transforment en marée haute rejoignant les eaux usées qui débordent des trottoirs. Une invitation à relever la tête pour rester digne ! Une invitation à toujours prendre de la hauteur pour disposer d’un peu d’air afin de pourvoir hurler sa colère. Une invitation à oxygéner son cerveau pour le pousser à trouver des solutions qui dictent au corps de ne pas s’affaisser dans l’impuissance et se laisser emporter par les eaux usées comme des ordures.
 
C’est honteux, que face à un crime économique aussi monstrueux, de ne pas sentir la colère et l'indignation d'une société mobilisée, vent debout, pour faire rendre gorge aux voleurs. Empêtrés dans l’urgence de survivre, jouant à sauter entre les lignes basses de la précarité et de la servitude, on a l'impression que les "citoyens" se foutent royalement de la corruption et de leur avenir. On dirait que certains ne sont pas concernés et que tout est pour le mieux du moment qu’ils puissent trouver un patron à servir, un entrepreneur à promouvoir, une opportunité pour se renier, se souiller, se prostituer. L’essentiel est de survivre. Pour d’autres, on dirait qu’ils ne peuvent pas aller au-delà des slogans et qu’ils savent qu’ils ont tous un parrain, un parent, une accointance qui pourrait être aussi, tôt au tard, rattrapé par quelques indigences mises à nu. Alors pourquoi s’exposer ? L’essentiel est de faire semblant.

Il est facile d’imaginer combien la multitude et la complexité de ces accointances mafieuses peuvent plomber les luttes collectives et retenir prisonnière la dignité nationale. C’est par ces laissions mafieuses et dangereuses, nourries et entretenues, que les stratèges parviennent à toujours maintenir une version hideuse, parfois tranquille, de la médiocrité. C’est pour cela que la bêtise ne meurt jamais. Car elle a un réseau de complicités qui agit avec habileté dans la plus grande imposture pour lui permettre de toujours gagner par forfaiture.

 Retour dans les filets de l’OEA !
 
Souvenez-vous, pourtant après 1991, quand l'OEA venait pour soutenir une idée de dialogue devant ramener la démocratie qui a été assautée par les putschistes, ayant renversé, le pouvoir Lavalas, combien il y avait bruyante et active était la minorité rose qui soutenait les putschistes. Qu’importe qu’au soir du 31 décembre, dans les rues de Port-au-Prince gisaient des milliers de cadavres. Qu’importe que les attachés et paramilitaires du FRAPH, ci-après PHTK, faisaient régner une terreur de goulag sur les quartiers populaires, violant les femmes, massacrant les militants. Pourtant, toute la bourgeoisie de Pétion ville, en tenue Dior et Givenchy, s'était amassée devant l'aéroport international pour dire à L'OEA qu’elle refusait le dialogue avec ce qu’elle considérait comme la peste. Les plus de 40 ans ne peuvent pas oublier ces hurlements et les bruits de casserole : " OEA, OEA. Lèm grangou mwen pa jwe, lèm grangou mwen pa negosye".
 
Tout ce beau monde, dont certains appellent aujourd’hui au respect de la liberté de fonctionnement des écoles, se foutait putchistement que les écoles dans les quartiers populaires n’aient pas fonctionné durant plus de 12 mois. Tout ce beau monde n’en avait cure que certaines facultés (dont la fac des sciences, l’Ecole Normale supérieure et les Sciences Humaines) étaient fermées et mises sous scellées, et que les attachés du FRAPH (précurseur de PHTK) allaient ouvrir la chasse et faire la peau des étudiants et de certains professeurs.
 
Si on ne replonge pas dans cette époque, on manquera de reliance pour comprendre l’impuissance actuelle. On manquera de clairvoyance pour voir que la lutte contre l'escroquerie et la corruption n'est pas l'affaire de la bonne société haïtienne. Elle n’existe que par la corruption et la prostitution. Elle ne vit de superficialités et dans l’imposture. Bourgeoisie et petite bourgeoise haïtienne ont toujours accepté de fricoter avec la bêtise pourvue que ce soit contre le peuple.
 
L’indignité en folie
 
De toute certitude, rien ne se passera…. Sauf si le peuple retrouve son unité, se donne un leadership, et, dans les feux inter-dits de sa colère, s’enflamme et brille d’intelligence pour faire fuir l’indigence.  En attendant, le pouvoir et ses alliés, en escouade indigente, peuvent dormir sur les lauriers, que dis-je, sur les espèces sonnantes, trébuchantes et bruyantes de leur petro butin dilapidé et partagé. De toute évidence, ces espèces ont longtemps quitté le territoire, avec la diligence des acteurs financiers internationaux. Elles reposent sans doute dans les coffres forts de quelques paradis fiscaux et dans quelques grandes banques occidentales générant des intérêts qui serviront à garder le pouvoir…pour les 50 prochaines années.

En attendant, quelques-uns continueront sincèrement d’exiger un procès de plus en plus improbable. D’autres, plus malicieux, continueront de se prêter au double jeu de l’imposture et de l’indignité pur leur succès personnel et familial. Et Haïti continuera d’être la grande indigente humanitairement assistée.


Toutefois, qu’on se le dise une fois pour toutes, maintenir au pouvoir un président aussi abîmé, aussi souillé, aussi plat a tè ne peut-être qu'une insulte à la dignité nationale. Les Haïtiens n'auront plus aucune dignité à faire valoir aux yeux du monde, s’ils acceptent qu’un homme sur lequel pèse des soupçons fondés et aussi immenses continue de gérer la bonne marche de leur pays. Qu’est ce qui pourra bien marcher d’ailleurs, quand les juges sont nommés et continueront de l’être pour servir et protéger l’État de passe-droit ? Qu’est-ce qui pourra bien marcher, quand les fonctionnaires fermeront les yeux sur la corruption pour sécuriser leur zone de confort et protéger leur poste ? Qu’est ce qui pourra bien fonctionner, quand les entrepreneurs, regroupés en puissant forum économique, continueront de sélectionner pour la représentation politique les mêmes affreux qui leur permettront de mettre à sac la gouvernance publique pour que la gouvernance d’entreprise fasse des profits ?  Qu’est ce qui pourra marcher encore, quand les projets de renforcement des agences internationales ne sont que prétexte pour structurer la dépendance par de petites activités verrouillées sur les mêmes insignifiances qui nourrissent les défaillances ?


Nous le savons tous : Rien ne marchera ! Ou plutôt, tout marchera comme le veut l’indigence : L'État de droit, les projets de développement, les initiatives technologiques, le financement des entreprises innovantes, la professionnalisation de la PNH, la bonne gouvernance, la lutte contre l’impunité, les technologies de la finance, tout ceci brillera toujours comme des miroirs de bordels. Je parle de ces immenses miroirs, qui ornent les murs des chambres de ces hôtels infortunés, sur lesquels la densité de la crasse accumulée avec le temps est si épaisse que les clients finissent par croire qu’il s’agit de motifs de décoration. Qu’importe, s’ils ne parviennent plus à distinguer si la saleté constatée est sur le miroir ou sur le visage ! Comme on le sait, l’imposture s’adapte à tout. Et elle s’adaptera aussi à l’idée qu’elle laisse dans sa mémoire et même dans la mémoire humaine. Qu'importe alors si Haïti n'est plus qu'un pays habité par un peuple de crapules joyeux et de migrants fainéants ! Qu'importe si l'indignité des uns et l'imposture des autres renvoient l'image d'un peuple qui survit et se contente de l'assistance internationale tout en dansant et en célébrant son impuissance comme une résilience !


Ce sont ces images qui se sont bousculées dans ma tête ce matin quand, terminant la lecture de l'ouvrage de Manuela Carmena (Parce que les choses peuvent être différentes ), un ami partageait avec moi sur WhatsApp ses préoccupations concernant l'impuissance collective haïtienne en regard de la mobilisation dans d'auyres pays où les citoyens sont parvenus à changer les choses. En effet : Comment Hong Kong a-t-elle pu mobiliser plus d’un quart de sa population pour dire non à une loi sur l’extradition ? Comment la Corée du Sud a-t-elle pu transformer chacune de ses rues bondées de monde en source de lumière pour lever l’opacité qui noyait les relations de sa présidente avec une confidente profondément corrompue ?  Comment l'Algérie a-t-elle pu se mettre debout entièrement digne pour résister à la bêtise politique qui voulait durer malgré son indigence ?


Célébrer la résilience à défaut d'idées subversives

Pourquoi certains ailleurs, mieux pourvus, parviennent à s’unir et à relever les défis de leur société pour continuer leur marche vers la dignité ? Alors qu'ici, en Haïti, là où tout suffoque, là où tout est au ras le sol (plat a tè), on se contente pourtant de postures et d'impostures, on se contente de ramper et de surfer sur le vide. Ah, je me souviens de ce que disait, en décembre dernier, un éminent et prestigieux historien que je me garde de nommer : "On préfère la médiocrité qui conforte notre tranquillité ". D’ailleurs, c'est la saison de livres en folie. On ne peut pas laisser filer l'opportunité de cette recette ! Car, elle sera immense et dense la foule qui viendra faire la queue pour faire le plein et s'en mettre plein la vue devant le stand de Dany Laferrière. Quelle belle occasion d’aller se faire prendre en photos dans les bras de l’immortalité, même si tout autour, il n’y a que précarité.  Même s’il faut traverser des kilomètres d’ordures, ce sera tentant d’aller voir ces longs doigts qui viennent signer son dernier livre écrit à la main. Il faut à tout prix, s’offrir ce dernier bijou comme un testament d’immortalité de l’écrivain dont même le nom, Laferrière, porte les échos de l’histoire. Tant pis si la Citadelle du même nom, monument historique de la fierté perdue de jadis, n'est plus que des murs qui masquent les défécations des riverains qui s’y aventurent encore, à défaut de visiteurs.


Mais oui, c’est livres en folie, n’est-ce pas une occasion rêvée pour trouver des titres qui s’indignent contre la dignité maintenue " plat a tè " par la politique ? N’est-ce pas une immense opportunité d’aller à la rencontre de ces écrivains qui s’approprient la colère du peuple pour lui offrir des titres comme des chants de reliance qui le pousseront à la révolte pour se forger une nouvelle utopie collective ?
 
Dans un lieu où l’inspiration est en perpétuelle folie, Il devra bien y avoir de la place pour des coups de gueule contre la médiocrité ? Quand le corps s’affaisse sous la pesanteur des indigences qui font déborder les basses eaux de la vie, n’est-ce pas le rôle de la littérature, de la culture, de porter dans la conscience collective la magie de ces mots qui détonnent pour faire flamber l’horizon d’étincelles et éclairer les voies susceptibles de conduire au changement ? C’est du moins ce que pensait profondément Victor Hugo quand il disait que « la misère chargée d’une idée est le plus redoutable des engins révolutionnaires ».
 
Car, il semble inconcevable, à tout esprit digne et libre, que des gens dont le métier est de penser puissent faire abstraction, dans leurs travaux, des indigences qui insultent la dignité humaine pour se concentrer sur ce qui n’est que vacuité et superficialité. Surtout, quand la justice se fait enculer par des mercenaires transportés à vol d’aigle ! Surtout, quand la santé agonise sur des lits infectés et souillés par le choléra. Surtout, quand les basses eaux de la médiocrité ramènent l'éducation vers les lignes de la soumission, de la servitude et de la futilité. Comment l’extrême insignifiance peut-elle submerger autant des esprits dits intelligents pour ne pas voir la misère ou encore pour ne pas la charger d'idées subversives et la faire exploser ?


Mais pourquoi Haïti danse et piaffe dans ces eaux marécageuses et puantes, sans même avoir conscience qu'elle s'enlise et que ce qu'elle respire n'est plus de l'air, mais des flocons de merde à l'état gazeux ? Pourquoi Haïti continue-t-elle de vivre dans les rêves et de célébrer les envies d’ailleurs, côte à côte avec l’indigence, bras dessus, bras dessous avec le gangstérisme politique total, sans que l'odeur du grivois, du corrompu, du trafiqué ne la gêne ?
 
Pourtant, ailleurs, la moindre faute est sanctionnée et la société exige toujours réparation.  On vient d’en avoir l’exemple avec l’arrestation de l’ancienne gloire du foot français, Michel Platini, rien que pour soupçon de corruption dans des affaires d’attribution de la coupe du monde au Qatar.  Comme quoi, dans certains ailleurs intelligents, même pour des histoires de jeu, on ne lésine pas avec la corruption.  Alors, avec colère et indignation, mais non moins avec intelligence, demandons à tous et à toutes celles qui parlent d’amnistie, de pardon, de dialogue, de réconciliation, de gouvernement d’ouverture et d’autres indigences internationalement subventionnées : pourquoi Haïti doit être une exception ?
 
Pourquoi Haïti doit accepter que son président soit un ami de gangsters, soit conseillé par des trafiquants de drogue, soit entouré de trafiquants d’armes, soit protégé par des assassins et des mercenaires, soit un inculpé de blanchiment d’argent, soit un dilapidateur de fonds publics, soit membre d’un parti politique qui revendique le gangstérisme total ?
 
Serait-ce parce que nous sommes des primates n'ayant ni intelligence ni dignité ? Serait-ce parce que nous préférons jouer les feux de paille dans les nuits étincelantes des puissants plutôt que d’éclairer nos nuits obscures ? Ou Serait-ce tout cela et aussi parce qu’Haïti doit être un lieu d’expérimentation où l’expertise et l‘indigence internationale viendront toujours s’encanailler et trafiquer impunément ?
 
Au vrai, aussi crapule que docile que l’on puisse être, on ne peut plus ignorer que ce soient les mêmes qui nous vendent l’évangile de la bonne gouvernance et de l’État de droit qui financent et protègent les gangs qui structurent l’État de passe-droit. De sorte que si on s'asseoit à la table des concepteurs et des banquiers de l'indigence, on ne peut être qu'une indigence en germination en attente de floraison. C'est là un véritable dilemme auquel le pays est confronté et dont l’issue dépend de l’intelligence, de la dignité et de l’engagement du leadership national à construire.


Je termine cette partie de la réflexion, en attirant le regard sur l'image qui illustre ce texte. Aussi anti-PHTK que je sois, je reste convaincu que cette formation politique aussi gangstérisée qu'elle soit, ne reste pas moins que le porte drapeau de l'indigence qui nous déshumanise. À travers cette image j'essaie d'identifier les colonnes, les marches et les fondations qui structurent cette indigence. Tout l'édifice est structuré par nos médiocrités et nos accointances avec les réseaux internationaux et nationaux qui financent la bêtise. Mettez à terre les piliers et les marches qui structurent cet édifice, il n'en restera plus rien. C'est le sens du message éthique que j'essaie de porter : sortez de vos impostures, libérez vous de vos irresponsabilités, renoncez à vos médiocrités, osez rester dignes, osez résister aux offres indigentes qui cherchent à vous transformer en enfumage ou en contre feux pour assombrir le rayonnement national. C'est par les fissures aue nous portons que les risques s'infiltrent dans la société et menacent la collectivité. Si vous comprenez cette image, vous savez comment travailler pour changer Haïti.


Erno Renoncourt



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