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Un savoir reconnu de futilité publique

Le parti pris de l’indigence

BugConscience

Avec une constance qui provoque et agace, je ne cesse de rappeler combien ceux qui ont fait de prétendues brillantes études et qui revendiquent tous les titres académiques et honorifiques en Haïti sont médiocres. J’apporte souvent à leur charge les mille et une nuances d’indigence qu’ils rendent possible dans un écosystème puant en s’acoquinant avec la médiocrité et l’escroquerie pour leur petit succès.

Par leur adaptation à tout, même à ce qui insulte l’intelligence et la dignité humaine, ils ont fait régner une immense précarité dont ils savent tirer parti par leurs accointances et leur affiliation aux lieux irrésistibles de pouvoir et de corruption. Par un lissage intellectuel et professionnel adapté et sur mesure, ils ont supprimé toutes les aspérités critiques, tous les jalons éthiques dans leur profil pour s’offrir en experts volontaires d’une servitude déshumanisante.

Qui n’a pas lu ou entendu ces inepties venant de ceux et de celles qui encouragent les gens à s’abreuver de médiocrité par souci de tranquillité ? Il y en a qui fustigent ceux et celles qui demandent à un président incompétent, inculpé, arrogant et menteur de démissionner. Pour eux, le mandat est sacré et prioritaire en dépit du fait que ce président n’a nul programme à appliquer sinon que promouvoir la corruption et nul autre projet de gouvernance que renforcer l’État de passe-droit pour que l’escroquerie et la criminalité se maintiennent au pouvoir. D’autres vont jusqu’à voir des signes d’héroïsme et de grandeur chez un peuple qui accepte de se tenir au ras le sol pour marcher afin de s’adapter aux lignes précaires des basses eaux de la survie. Et pour imposer au public leur ineptie, ils rappellent la marque d’autorité de leur savoir en ne manquant jamais de rappeler leur « réussite sociale ou professionnelle » ou de signer leurs conneries du sceau de leurs études doctorales accomplies. L’inévitable PH Datation de la bêtise diplômée. Comme si le savoir pouvait faire l’économie de la turbulence pour être utile, comme si l’intelligence était affaire de titres et de diplômes. Heureusement qu’il est de plus en plus admis, dans les limites de notre science, que toute intelligence est turbulence et que toute innovation est déviance. Chaque fois que le savoir cherche à se rendre utile en devenant docile, qu’importent les références académiques, les supports diplomatiques et les subventions économiques qui le soutiennent, il prend le parti d’être reconnu de futilité publique.

Comment ne pas évoquer l’existence d’un pôle de recruteurs et de superviseurs dans les agences internationales qui avouent préférer travailler avec des profils futiles pourvu qu’ils soient dociles ; car pour eux, c’est en faisant allégeance a management et à ses choix mêmes incohérents que les cadres et les employés se rendent utiles pour l’organisation qui n’a pas vocation à penser le changement et encore moins à construire la performance.

Ainsi a émergé en Haïti, une expertise d’une effroyable médiocrité qui vit de soumission, de compromission et de peur, tout en faisant la fête à l’indigence par encanaillement continu. « Kote plezi a ye se la nou prale » (Là où est le plaisir, là on ira). Cette expertise, agissant par procuration, ne sort du silence que pour célébrer les légendes et les rêves d’ailleurs et pour reprendre les éléments de langage de ses tuteurs. De toute évidence, l’expertise ainsi promue par le système n’est pas sollicitée pour sa compétence. D’ailleurs, à juger par les défaillances nombreuses et les classements statistiques désastreux qui relèguent Haïti au rang d’État failli et corrompu, elle ne connait aucune performance. Á peine si elle assure le service marketing de la corruption. Elle n’a nulle autre raison d’être que servir de caution technique au système pour réfuter les arguments d’incompétence professionnelle qu’on pourrait lui objecter. Elle est aussi là pour jouer les contrefeux en laissant échapper ses écrans d’enfumage pour masquer l’éclairage de la pensée critique.

Pour cette expertise d’imposture, qui se développe par réseaux de soumission et d’allégeance aux multiples foyers d’indigence, la seule finalité cherchée et la seule performance atteinte est de maximiser la rentabilité de ses adeptes en soignant leur profil d’employabilité. Neutres et même pleutres, polis et surtout soumis, flexibles, disponibles et serviles, leur posture (rampante) garde la mémoire de leurs courbatures qui se reflètent jusque dans leur façon de parler et de sourire. Au vrai, ils cultivent toutes les valeurs, que dis-je ! toutes les bassesses de l’écosystème corrompu. Imposteurs, faussaires, arnaqueurs, ils refusent toute prise de risque et n’assument officiellement aucune critique publique contre les acteurs connus qui financent l’escroquerie et qui bénéficient de toutes les retombées par retour d’ascenseur. Ils sont incapables de pensée critique, ils sont allergiques à la vérité et supportent mal la contradiction à leur endroit. Ils composent rarement avec la probité et l’éthique et ne cherchent qu’à plaire à l’escroquerie internationale et nationale pour protéger leur zone de confort quitte à ce que cela transforme leur milieu en un foyer de détresse.

D’ailleurs, c'est la prédominance de l'indigence qui va leur servir de base de référence pour leur minable et improbable succès.

Le bug de la conscience
On ne peut comprendre l'insignifiance de la majorité de ceux et de celles qui ont accédé au savoir en Haïti qu'en acceptant l'hypothèse que les Haïtiens se sont désaffiliés de toute dignité et toute humanité. En apprenant à vivre dans les rêves d’ailleurs et en célébrant les légendes des autres, ils se sont collectivement déconstruits et ont dépouillé leur écosystème de toute reliance permettant à un immense vide de prendre possession de tout. C’est l’impensé structurel dans lequel évoluent ceux qui ont le savoir en Haïti qui permet de comprendre le triomphe de la médiocrité.
Comment un président dont l’évidence de l’échec et dont ‘incompétence, l’arrogance et l’insignifiance choquent tout un pays peut-il, sans assisses populaires, rester au pouvoir malgré un cycle de contestations depuis bientôt 10 mois ? Pourquoi malgré les évidences innombrables d'une corruption institutionnalisée et l'implacable endoctrinement et l’assujettissement du pouvoir au réseau de grande criminalité, la société haïtienne ne peut guère se radicaliser contre lui pour s’offrir les chances de construire une alliance républicaine porteuse d'une nouvelle utopie sociale ?

Ici, tout fonctionne de travers avec des normes à l’envers : école à l'air libre sous les arbres, hôpital hébergeant des patients à même le sol, ambulanciers transportant des malades sous civière flottante a même les eaux usées qui bloquent l’entrée de l’hôpital. Pour avoir de l’eau, dans certaines régions, il faut de véritable technique d’alpiniste ou de pompage au perchoir par escalade de mur. Les marchés sont des lieux transhumance indigente où se côtoient, au coude à coude, dans la plus grande indifférence, ordures, animaux, produits alimentaires, acheteurs et vendeurs.

Et encore, et encore ! Que d’indigence dans nos vies () ! Et pourtant nous parvenons à survivre à toute cette indignité sans révolte collective, sans émeutes populaires. Et même qu’il nous arrive de célébrer l’indigence et de lui vouer tout un culte comme si c’était de l'héroïsme et du courage. De la résilience diront les experts battant pavillons humanitaires ou onusiens. C’est bien la preuve, s’il en fallait, qu’il y a un bug qui a déformé la conscience collective haïtienne en la court circuitant dans une région du cerveau qui est le siège exclusif des fonctions sous-primaires. Tout est dans la survie. A n’importe quel prix. Pito nou lèd, nou la !  (Mieux vaut être laid mais vivant).

Quand un peuple accepte de renoncer à toute éthique, a toute dignité et à toute exigence de qualité pour survivre, on comprend vite qu'à quelques études supérieures que puissent accéder ses fils et ses filles, toute sera toujours marqué du sceau de la médiocrité. Une telle déformation de la conscience freinera toujours le progrès. Au vrai, il faut une insoutenable capacité de l'esprit à se révolter contre l'indigence pour qu'il puisse concevoir et se rendre disponible pour la performance. Ceux et celles qui pactisent avec la médiocrité pour survivre finissent par devenir médiocres. Et c'est le drame qui explique l'improbable perspective de progrès pour Haïti. Ceux qui ont accédé aux études supérieures, au pouvoir et à la richesse en Haïti fonctionnent avec un rare degré de médiocrité humaine qui orient leurs actions avers la fuite, la roublardise, l’escroquerie, l’évitement. Ne dit-on pas que les gens pauvres en intelligence humaine sont toujours riches en duplicité ?

L’image du fonctionnement de notre cerveau apporte un soutien de poids à cette hypothèse. Regardez bien tout ce qui motive l’Haïtien et vous verrez que ses finalités s'inscrivent dans une logique de survie et d'adaptation, de fuite et d’évitement, de plaisir et de peur. L’intelligence et la solidarité, qui siègent au niveau de la zone du cortex, semblent avoir déserté l’écosystème haïtien. Un tel vide, une telle absence créent une déformation qui impacte grandement les comportements humains. Si vrai que pour réussir, il faut soit quitter Haïti, soit être affilié aux réseaux de corruption, soit se prêter à la servitude volontaire. Sinon on est foutus. Et si on ose se révolter contre cette indigence, il y aura des précaires, des pré-grégaires et des sous-primaires qui vous assimileront à un aigri. Comme si l’indignation qui se manifeste par colères intelligentes et fulgurance éthique pouvait avoir quelque chose à envier à une improbable réussite construite dans l’indignité des silences et/ou les complicités des liaisons malsaines.

En effet, les grandes fonctions de la réussite haïtienne se déclinent par indigence croissante : Se taire de peur de ne perdre son job, s'en prendre aux manifestants qui revendiquent leurs droits de peur de ne perdre sa rav4 usagée ou sa BMW achetée à crédit, s'offrir en servitude volontaire aux étrangers pour jouir d'un statut de résident en terre étrangère, se dépouiller de toute dignité, de toute probité pour jouir de quelques subventions que donnent les entrepreneurs dont les affaires prospèrent par corruption, freiner les élans de révolte de la population en dépouillant les revendications de leur colère et de leur radicalité.

C’est donc, comme le montre , dans la zone reptilienne du cerveau, siège des basses eaux, où la pensée dicte les comportements pré-grégaires où sont logées dans le cerveau les grandes actions de la majorité des Haïtiens, qu’ils soient instruits, éduqués et qui vivent dans l’illusion d’une certaine réussite ici ou ailleurs. C'est dans cette zone que tous les animaux puisent les grands réflexes qui leur permettent de survivre. Un peuple qui s’adapte à l'indigence ou la fuit rien que pour survivre, sans oser mettre à profit son savoir pour protéger sa dignité ou transformer son milieu n'a pas d'intelligence. Le propre de l‘intelligence est de générer des turbulences pour sublimer la dignité humaine.

Ainsi, en sachant un peu plus sur le fonctionnement de notre cerveau nous découvrons combien Haïti est encore au stade anal et animal. Et c’est bien pourquoi l’escroquerie entrepreneuriale, le gangstérisme politique, l’imposture intellectuelle et la militance subventionnée sont les seuls échos de réussite dans un écosystème médiocre et corrompu.
Changeons de repères, pou oser élever notre conscience dans cette zone de transcendance où tout scintille et brille malgré les vents mauvais. Dans l'obscurité la plus complète, ne cédons point à la contagion de l’aveuglement. Brillons encore, et même désespérément, de nos feux étincelants ! Ne laissons point l'enfumage abondant déverser ses cendres pour voiler votre flamme.

Brillons de toute l'intensité de nos feux, pour faire rougir les bois morts qui sont juste à côté. Tel est le destin de la flamme qui n'enfume point, mais éclaire : Vibrer et régner sur les ombres pour que tout s’enflamme de vibrations intelligentes quand les mots résonnent d'éloquence ou de colères inter-dites.
 
Erno Renoncourt

 
 








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