Le déni de la justice comme marqueur de l'écosystème indigent

La fin du business de l'État de droit fait émerger l'État de passe-droit

FinBusinessEtatdeDroit


Dans une note datant du 9 décembre 2019, la Fondation Je Klere (FJK) vient de révéler un nouveau pan de fissures dans l'édifice de l'état de passe-droit qu'on vend au peuple haïtien comme une imposture de l'état de droit et de la démocratie. C'est toute la défaillance du système judiciaire haïtien qui est, une fois de plus, mise à nu dans cette note de FJK qui documente les faiblesses de la procédure d'instruction.


Une note qui vient remettre en contexte notre article de blogue traitant de l'indigence du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) haïtien installé dans ses fonctions constitutionnelles d'organe de gouvernance judiciaire depuis 2012 sans jamais parvenir à orienter le système judiciaire sur la voie de son fonctionnement efficace. 


Dès lors se pose la question : à quoi sert le CSPJ ? Car, manifestement, un organe de gouvernance judiciaire qui n'a pas de système d'information et d'outils statistiques de pilotage pour évaluer le service fourni par les organes et le personnel judiciaires, assurer le fonctionnement efficace de la justice et garantir la légitimité du système judiciaire est aussi inutile qu'une boussole qui n'a pas d'aiguille aimentée pour indiquer la bonne direction.

C'est ce que nous avons mis en évidence dans l'article "La roue de l'indigence judicaire haïtienne" disponible à travers les liens au bas de ce texte.

Du déni de la justice à l'illégitimité du système judiaire, tout semble nous ramener aux temps maudits de la dictature. Quand le voile qui masque les fissures de l'État de passe-droit sera déchiré et emporté, alors tournera à plein régime la roue de l'indigence judiciaire. Faut-il encore rappeler que ce n'est pas l'obscurité qui annonce la nuit, mais le premier vol du hibou au crépuscule. Quand la justice cautionne l'impunité et l'irresponsabilité, il n'y a plus de place pour les faux semblants de l'État de droit.

Cette note conforte nos récentes prises de position sur l'indigence dans laquelle se vautre le CSPJ, pourtant investi de la mission constitutionnelle de garantir la légitimité et la performance du système judiciaire haïtien. Cette note nous donne un enouvelle opportunité de rappeler les 4 postulats qui conditionnent toute axiomatique pour une gouvernance et un fonctionnement efficace de la justice :

1. Ce sont les administrateurs de la justice qui, par leur vision, leur courage, leur compétence et leur indépendance, veillent à la légitimité du système de justice d’un pays.

2. Ce sont les juges qui, par leur professionnalisme, leur déontologie et leur engagement inconditionnel pour la primauté du droit et l’équité des décisions de justice, assurent la qualité du système de justice d’un pays.

3. C’est la demande de justice, de transparence et de reddition des comptes de la société civile qui nourrit l’offre de performance de la justice d’un pays.

4. C’est l’entêtement d’un peuple à refuser de célébrer, dans la résilience, les choix indigents qu’on lui propose qui détermine les contingences pour l’émergence d’un leadership propice au changement.


Voici la version PDF et la version Html de notre tribune sur la roue de l'indigence judiciaire haïtienne :

                                       La roue de l'indigence judicaire haïtienne                                             


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