Influence virale et distanciation sociale

Le temps des distanciations sociales par contagion virale

Distanciationsociale

L'art de l'influence éditoriale 
Si j’avais de l’influence, alors, par son infini pouvoir de persuasion, je l’aurais mise à contribution de ma large audience pour faire avancer des causes nobles et justes. Si mes idées n'étaient pas limitées, comme me le reprochent les édito-llahs haïtiens de la pensée universelle, je les aurais consacrées volontiers à des réflexions dont les contours touchent à l'intérêt collectif. Et, en cette période de confinement, voici le genre de message que j’aurais partagé dans mon réseau.

J’aurais certainement incité vivement mes dévoués et nombreux auditeurs, followers, téléspectateurs à respecter la distanciation sociale recommandée. Mais pas que !  J’aurais aussi profité de mon aura, de mon charisme, de ma notoriété, de ma réussite pour leur rappeler qu’il n’y a pas que la crise sanitaire du coronavirus qui exige isolement et distanciation. Il y a aussi et surtout la crise sociétale qui impose la même quarantaine contre toutes les indigences.

Ainsi, haut et fort, du lieu de mon influence, je leur aurais dit combien il serait salutaire que chacun s'y mette, que chaque secteur s’implique pour faire valoir la distanciation dans son secteur spécifique. Car, seule une distanciation systémique, contre toutes les indigences sociales, notamment contre la corruption, l'exclusion, l'injustice, l'insécurité, peut garantir l’immunité collective combien nécesaire à la maitrise des foyers de contagion. En conséquence, indéniablement, il serait salutaire :

  • Que les médias fassent preuve de distanciation d'avec leur enfumage éditorial habituel et cessent de faire la promotion de l'indigence par publicité et subvention interposées !
  • Que les universitaires respectent la distanciation d'avec leur insignifiance et neutralité doctorale habituelle pour s'impliquer aux côtés du peuple dans les choix courageux ; qu’ils sachent renoncer à leur réussite précaire par accointances entretenues avec les agences internationales et les ONG qui sont les vecteurs de toutes les défaillances collectives locales !
  • Que les entrepreneurs et hommes d'affaires s'activent responsablement dans une distanciation d'avec l'escroquerie et l'extorsion qu'ils pratiquent usuellement comme culture d’entreprise !
  • Que les citoyens renoncent à leur insouciance (Kite Peyi m mache : Laissons marcher mon pays !), leurs pratiques d'encanaillement et autres bacchanales (Kote plezi a ye, se la sèlman nou prale :  Là où est le plaisir, seulement là nous irons joyeux) dont ils ont le secret quand il s'agit de promouvoir la laideur et de faire la fête (Pito nou lèd, nou la : Mieux vaut être laid, mais vivant) .

 Confinés jusqu'au bout contre l'indigence
Voilà les bonnes mesures à prendre si l’on veut vraiment tirer les leçons de l’expérience du confinement que le coronavirus nous impose. Car, manifestement, le moindre bon sens révèle, à qui sait penser au-delà de ses zones d’intérêt, que c'est parce que les virus et les microbes prennent tous les raccourcis offerts par le vide éthique laissé dans nos consciences effondrées et nos âmes fissurées que les contagions se répandent. 

Pusique même à quelque virus, joie est permise, c'est quand même réjouissant de voir le coronavirus venir confirmer ce que je ne cesse de dire depuis des années: Ce sont les indigences individuelles des citoyens qui induisent les défaillances collectives. De sorte que les vraies mesures de distanciation à prendre, pour se prémunir des contagions qui nous vulnérabilisent, déshumanisent et brisent l'harmonie de la nature, doivent être globales, radicales et systémiques :

Distanciation d'avec l'indigence sociétale. Distanciation d'avec la tentation dictatoriale. Distanciation d'avec l'escroquerie patronale. Distanciation d'avec l'enfumage éditorial. Distanciation d'avec l'insignifiance et la neutralité doctorale. Distanciation d'avec les pratiques d'encanaillement et autres bacchanales, par lesquelles nous célébrons, heureux et pompeux, l’indigence.

Si, contre tous les virus, la quarantaine est imposée avec force de loi et rigueur d'exécution, pourquoi ne fait-on pas la même chose pour la corruption qui est l'un des plus grands virus pour la conscience humaine ? Sans foyer d’activation, aucun virus n’est dangereux. C’est parce que nous n’avons pas su nous faire violence pour appliquer les règles de distanciation et de confinement capables d'isoler les microbes et les virus sociaux que la médiocrité et l'indigence se répandent autour de nous.

Alors, au nom de la distanciation d’avec toutes les indigences, au nom de la lutte contre les virus et microbes naturels, animaux et/ou sociaux, exigeons aussi la quarantaine pour les infectés, les suspectés, les indexés et les inculpés de la corruption, de la criminalité et de toutes les délinquances. Car ce sont nos accointances, nos sympathies, nos soutiens intéressés et nos complicités avec les foyers de contagion qui les maintiennent actifs et qui leur permettent de détruire les solidarités collectives au profit des intérêts de clans, de groupe et personnels.

Voilà ce que, si j’étais influenceur, c'est à dire, brillant éditorialiste, puissant homme d'affaires, malicieux politicien, prestigieux universitaire, rayonnant écrivain, distingué acteur social, j’aurais fait circuler dans mon réseau. J'aurais mis ma notoriété et ma réussite non pas pour aveugler et enfumer les autres, mais pour briller et porter la lumière plus loin que moi, vers les foyers qui agonisent sous la propagation des innombrables virus qui s'activent dans le rayonnement indigent de mes succès précaires. Hélas, je ne suis qu’un citoyen qui vit son confinement permanent, dans une dignité exemplaire et une insolence assumée, loin de toutes les indigences virales de la société et sans aucune accointance avec l’abondant fumier en activation.

Pourvu que cette interpellation ne soit pas perçue, par déformation virale, comme un cri d'aigreur et d'amertume. Car, en Haïti, c'est l'insulte courante qu'on oppose toujours à ceux qui profitent du plus pâle rayon de lumière pour montrer l'horrible laideur de la réussite d'une société qui s'effondre, s'effondre, mais trouve encore et toujours l'énergie pour faire la fête et recycler l'indigence. Mais que ceux et celles qui voient l'aigreur dans ces tentatives d'élevation de la conscience se rassurent : certaines personnes ne cultivent l'envie que pour ce qui a une valeur pour laquelle il faut deployer un trésor d'intelligence et d'humanité. Ce sont là des valeurs qui, au demuerant, sont extrêmement rares en Haïti et qui ne sauraient avoir de proximité avec l'indigence triomphante. Il est reconnu par tout un chacun que les atours que l'indigence présentent comme ses marques de succès, ne s'obtiennent que par soumission, corruption, neutralité et accointances avec les foyers infectieux la criminalité. Contre ces insultes, nous nous sommes prémunis et nous sommes prêts à les affronter. 

Du reste, nous savons que c'est le propre des personnes habituées à vivre dans la souillure et la soumission de refuser aux autres le droit de porter une parole critique, fière, digne et libre. Il nous a été donné de voir qu'en Haïti, dans tous les domaines, ce n'est ni la cohérence, ni la pertinence, ni la vraisemblance qui dictent l'adhésion à une idée, mais seulement le réseau d'accoitances qui se tient derrière. Et comme ce réseau est puissant, et comme c'est le même qui finance à la fois la culture, la politique, la justice, l'economie, le social et les bacchanales, on comprend pourquoi c'est si infect et pourquoi les silences complices sont si pesants dans cet étouffoir.

Ceci dit, puisse donc ce temps de confinement être aussi, malgré les peurs, celui des rapprochements solidaires et des productions éthiques ! Ultime espérance pour que la distanciation sociale prônée, par trémolos médiatisés, ne soit pas une imposture virale sur le ton de : Chacun chez soi, avec son rhume et sa morve, le doigt, par intermittence, dans le nez et dans la bouche ; et dehors, vive le Corona pour tous !

L'humour viral

Pardonnez, je vous prie, cette limitation d'esprit qui me maintient dans une humeur virale permanente, me poussant à toujours porter la provocation pour aller au corps à corps contre l'indigence. C'est ma manière de brandir, par distanciation, les vibrations de ma conscience, comme une charge antivirale contre les virus qui pullulent dans cette Haïti assimilée, par ses tuteurs, à un trou de merde infectieux. Pardonnez aussi, je vous en conjure, les limitations de cette tribune qui mélange humour et gravité, fantaisie et sérieux, colère et lucidité. Ce n'est qu'un cri pour donner au monde des nouvelles des confinés d'Haiti. Eux qui luttent, sans aucune solidarité internationale manifeste des puissants, contre des virus grandeur in-humaine, activés à dessein, pour entretenir des réseaux d'intérêt qui s'empressent toujours de prendre la fuite quand la merde déborde du foyer. 

Comprenez mes faiblesses : je ne suis pas écrivain et ma dignité n'a pas de limite, puiqu'elle n'est pas subventionnée. Je suis un citoyen anonyme, mais débordant d'un trop plein de dignité et qui cherche à contaminer éthiquement son voisinage pour que, de proche en proche, les étincelles se regroupent et portent la lumière plus loin qu'elles. Dans une sorte de distanciation lumineusement réfléchie, pour éclairer les foyers d’activation des virus et des microbes de tous genres, et permettre leur éradication ou neutralisation.

Malgré les limitations de cette tribune, j'espère que la bonne humeur qu'elle contient, par sa tonalié antivirale, sera contagieuse. Une manière pour pousser les esprits à oublier, le temps d'une lecture, les bruits de guerre qui montent, en sourdine, dans la course au vaccin qui semble autyoriser tous les dommages collatéraux. Course qui prépare, sans doute, le prochain cycle de croissance, de turbulences et d'imposture.  En attendant ce prochain cycle viral, même si c'est le temps des distanciations sociales, soyons mondialement solidaires et entonnons le refrain de l'hymne de la nouvelle internationale des morveux de la planète : Confinés de tous les pays, Mouchez vous !

Sinon, constamment, sur le blogue Intégrale, c’est la permanence dans la lutte contre l’indigence virale ! Ici nous portons le dissenssus social, comme une stratégie de communication, dans l'assumation d'une permanente provocation. Une façon de donner mauvaise conscience aux indigents, affreux ou talentueux, en leur montrant leur horrible laideur.

C'est bien ce que font les virologistes ? Ils provoquent la susceptibilité des virusn pour les idntifier, ils les isolent pour les caractériser et etudier leru structure afin cartographier leur ADN et leur processus de régénération afin de produire l'antidote. Alors pourquoi sur le plan social, là où gisent d'innombrables virus plus dangereux, on n'en ferait pas de même ? En sachant que cela peut prendre plus de temps, en sachant aussi que cela peut être dangereux. Voilà un champ viral prometteur que pourtant désertent les influenceurs médiatiques et culturels qui, pourtant, ne cessent d'appeler au confinement. On reconnait, bien sûr, l'éternelle imposture de la pensée qui ne procède que par enfumage et contre-feu: dénoncer les effets de la contagion qu'elle nourrit sinon qu'elle contribue à répandre

En attendant de trouver, en nombre imposant, les relais, qui ne vivent pas de virus, en attendant la maturation du temps humain nécessaire pour lancer la recherche virologique afin de maitriser les foyers de contagion, je vous souhaite bon confinement jusqu'à la prochaine provocation !



Erno Renoncourt

Réflexions virales

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