L'écriture n'a de noblesse que si elle est au service d'un engagement éthique permanent. <------> Tout savoir sur la promotion de l'ouvrage "Initiative pour un manifeste éthique" <------> Retrouver le fil des nouveaux billets sur notre blogue: <------> Rendons au peuple haïtien sa dignité ! <-------> Lettre ouverte d'un citoyen indigné aux PetroChallengers <------> Notre cri éditorial : Urgence éthique pour sortir du cycle merdique <-----> Résurgence citoyenne : S'engager éthiquement au-delà des impostures ! <-----> Les enjeux organisationnels: Déficit informationnel, défaillance de la gouvernance. <-----> Naviguer vers des liens structurants <-----> Vous avez besoin d'une aide pour la rédaction des documents techniques de vos projets, vous voulez structurer le système d'information de votre organisation ou de votre entrreprise, n'hésitez plus : visitez le site web de Integrale Data And Stats pour voir en quoi notre expertise peut vous être utile.

Les axes culturels de la Corruption (suite)

PetroCaribe : écume de marée basse ou lame de fond ?

StructureIndigence
Nous disions que c’est dans ce contexte qu’a surgi la vague relayant la question KotKòbPetroKaribeA ? comme exigence citoyenne de redevabilité pour une nouvelle Haïti face à la gabegie chronique de la gouvernance publique haïtienne et l’institutionnalisation de la corruption. Cette vague se révèle d’autant plus légitime qu’elle renforce le questionnement sur l'imposture des luttes et les accointances entre les leaders traditionnels de la société civile et les acteurs étatiques pataugeant dans la corruption.
 
Toutefois, sachant qu’il n’y a pas de génération spontanée, nous disons qu’il ne peut y avoir de transformation sociale instantanée. Car, la transmission des contre valeurs du système dans le sens de son maintien a été longtemps initiée. Au vrai, un mouvement revendiquant la rupture politique de façon aussi soudaine dans la continuité des pratiques culturelles et professionnelles ne peut être qu’une imposture. Car, hier encore, nombreux sont ceux, criant aujourd’hui leur rejet de la corruption, qui étaient aux côtés des acteurs politiques trimbalant des casseroles d'affaires de corruption. Nombreux aussi sont ceux qui avaient accepté de participer aux élections de 2016 avec un Conseil Électoral dont le principal responsable avait avoué publiquement avoir trafiqué impunément les résultats des élections de 2011. Ce sont les mêmes qui s’étaient aussi désintéressés des travaux de la Commission Indépendante d’Évaluation de Vérification Électorale (CIEVE) appelant pourtant, sur la base d’une argumentation méthodologiquement documentée, à une transformation profonde de la machine électorale avant la reprise des élections après le fiasco électoral de 2015. Mais comme chacun avait son candidat dans la course et que chacun avait sans doute reçu des gages de qui de drit que son candidat serait choisi, de sorte que personne ne s’intéressait à pousser l’évaluation, au-delà du diagnostic, pour épurer le processus électoral haïtien et garantir la tenue d'élections crédibles. Il y a comme un pacte tacite qui lie les acteurs politiques haïtiens : tant qu'on est dans la course, on ne dénonce pas les magouilles dont on peut bénéficier; c'est seulement si on perd qu'on se regroupe pour contester la victoire du vainqueur.
 
A cette époque, en 2016, dans une
tribune publiée sur le site Le Monde du Sud // Elsie News, nous disions que : 
« Méthodologiquement, en dressant le constat de non "conformité des opérations de vote, du scrutin et du dépouillement" du processus électoral de 2015 à travers notamment l’élaboration d’un cadre d’hypothèse se référant aux critères et instruments universels relatifs aux principes de l’état de droit comme l’impartialité, l’intégrité, la transparence, la CIEVE n’a fait que jeter les bases initiatiques de la démarche d’évaluation. Désormais, il revient au commanditaire de l’évaluation et aux parties prenantes de bien s’approprier des résultats de cette phase et des obligations qu’ils imposent pour pouvoir inscrire la démarche d’évaluation dans une logique systémique capable d’induire un certain cycle de valeur et d’amélioration continue pour la gouvernance du processus électoral haïtien ».
Nous avions insisté à rappeler la nécéssité de la refonte de la machine électorale, car nous constations qu’il n’existait :
« [...] aucun signe perceptible pour témoigner de cette dynamique d’appropriation de l’évaluation comme outil d’optimisation du système électoral haïtien. Au vrai, aucune des parties prenantes du processus, disons mieux, du cycle d’évaluation du processus électoral haïtien, ne semble accorder une grande importance aux résultats des travaux de la CIEVE. Au contraire, il semble que, tour à tour, chacune des parties essaie d’esquiver ses responsabilités en se concentrant sur ses propres finalités ».
Pourtant, il nous paraissait évident qu’il ne pouvait avoir rien de bon à réorganiser les élections en 2016 en se contentant de changer le personnel électoral sans toucher aux fondements structurels du dysfonctionnement électoral :
« Un système sans cesse mis à mal par des modes opératoires qui dissimulent assez bien une planification systémique de la fraude électorale à travers un contexte social, politique et économique précaire, des mesures permissives violant les droits de la personne, une culture de l’impunité, une apologie de mauvais arrangements comme éthique de gestion des conflits et un laxisme certain sinon une certaine incompétence professionnelle, managériale et éthique de certains membres de l’administration électorale ».
Hélas, les acteurs haïtiens sont connus pour leur refus de se donner du temps pour travailler avec méthode et rigueur. Ils préferent chercher la sympathie des acteurs internationaux et nationaux, car ils savent ce sont eux qui décident de qui prendra la relève de l’indigence. 

Fort de tout ceci, il nous semble très improbable que l’on puisse passer de l’extrême passivité à l’extrême expressivité sans fournir, au-delà des slogans et des vœux pieux ou des bonnes intentions, un diagnostic convaincant assorti d’un schéma directeur pour construire la vision du changement. Il nous semble extrêmement douteux que l'on puisse passer d’une extrême complicité à une extrême radicalité sans avoir connu les épreuves de la pénitence et de la repentance.
 
Aussi, nous nous demandons jusqu’où cette vague est-elle puissamment autonome et déterminée pour aller dans la rupture d’avec l’ancien système ? Serait-elle une simple écume de vague cherchant à se renouveler dans les rouleaux continus de la marée de la corruption ? Ou encore a-t-elle la puissance (pour résister), la violence (pour rompre radicalement) et l’intelligence (pour nouer les bonnes alliances) afin de devenir une vraie lame de fond capable de tout emporter pour permettre de tout régénérer ?
 
Sachant combien la culture haïtienne est intolérante vis-à-vis de la pensée critique nous nous empressons de préciser que les PetroChallengers ne doivent pas avoir peur des questions qui dérangent leurs certitudes. C’est d’ailleurs à l’aune des incertitudes qui se bousculeront aux portes de leur mouvement qu’on mesurera leur degré d’intelligence, leur niveau d’engagement et leur capacité à inspirer ou à construire le changement. Á ce propos, ils ne doivent pas se contenter d’exiger que la société leur fasse naturellement confiance ou croie spontanément en leur bonne foi. C’est le leadership de leur mouvement et ce sont les initiatives de mise en commun et d’échange avec ceux et celles qui ne pensent pas comme eux qui leur apporteront la crédibilité qu’ils revendiquent à cor et à cri. Il ne faut pas qu’ils s’acharnent à détester ou à ignorer ceux qui posent les questions qui fâchent. Il y a des attitudes porteuses de médiocrités qu’un mouvement citoyen, qui prétend militer pour le changement, doit se garder de reproduire.
 

L’improbable éthique des praticiens du changement

Dans un pays où chacun excelle dans la malice, on ne peut rassembler et fédérer que si on accepte de clarifier les zones d’ombre de ses intentions et de dialoguer avec ceux qui contestent et ne partagent pas ses positions. Dans un mouvement qui veut combattre l’opacité, il faut de la transparence sur ses objectifs et ses finalités. On ne peut plus accepter que des sujets d'intérêt national et porteurs de perspectives de mobilisation citoyenne soient exploités et galvaudés comme un cheval de Troie pour desservir des causes qu'on n'ose pas toujours avouer. Ainsi, toute question, aussi dérangeante soit-elle, se doit d’obtenir une réponse et toute initiative d’échange se doit de recevoir un retour d’information, quitte à ne point parvenir à concilier les vues. 
 
Se montrer transparent ne veut pas dire s'exposer au voyeurisme. Nous parlons ici d'une transaprence maitrisée sur les finalités du changement que l'on clame à cor et à cri pour cette #AyitiNouVleA et sur les moyens pour y arriver. Un mouvement qui prétend mobiliser doit pouvoir rassurer sur ce qu'il est réellement: quelles sont les sensibilités poltiques non déclarées qui sont dissimulées dans ce mouvement ? Qu'on arrête de nous vendre des arnaques à la sauce du nouveau contrat social ! Il y a bien des enjeux politiques qui couvent sous les cendres du mouvement des PetroChallengers, et c'est d'ailleurs pourquoi, ils veulent prendre de la distance d'avec les politiques "prétendus traditionnels". Ce n'est pas en soi une mauvaise chose. Mais alors pourquoi maintenir dans l'opacité ce qui est une exigence salutaire ? Car remplacer la classe politique actuelle  est une démarche nécessaire. Même si selon nous elle n'est pas suffisante, mais il faut encore pourvoir travailler et mobiliser autrement que par la manipulation et la dissimulation pour pouvoir fédérer un vrai mouvement social et politique autiour de cette résurgence citoyenne de redevabilité.

Mobiliser et travailler autrement que par la manipulation ne veut pas dire se mettre d'accord sur tout ; mais on doit aller au bout des échanges pour traverser les divergences structurantes et faire émerger les consensus forts. Au fond, trois raisons poussent toujours à ne pas vouloir aller au bout des échanges qui portent des questions comme autant d'incertitudes et de turbulences. Il y a d’abord l’incompétence due à une non maitrise de la problématique. Quand on ne maitrise pas , toute incertitude est destabilisante. Il y a ensuite la suffisance dictée par la certitude de disposer des bonnes accointances sociales et économiques, locales et internationales et de n’avoir point à se justifier devant quiconque. Quand on se sait soutenu en haut lieu, l'arrogance devient une arme de choix. Ainsi, l’incompétence et la suffisance conjuguées conduisent à une forme d’incivilité arrogante ou méprisante.  Ces trois raisons ne tendent, au fond, qu’à couvrir un immense besoin d’opacité.
 
Ces attitudes sont pour le moins contradictoires avec l’exigence éthique compatible avec une vraie démarche de lutte contre la corruption. Il y a en fait un principe de réciprocité qui s’impose quand on veut conduire le changement : ce que j’exige de l’autre et contre l’autre doit aussi s’appliquer à moi-même. Et au-delà de la réciprocité, il y a aussi le principe de l’exemplarité qui est intrinsèquement lié à toute démarche revendiquant la transformation comme dimension éthique de l'action humaine. Si je revendique le changement, chacun de mes actes et chacune de mes pensées doivent être source de motivation et d’exemple pour les autres. Il découle que l’incapacité d’humaniser ses rapports avec autrui et d’être profondément éthique dans ses actes, c'est-à-dire, transparent, exemplaire et responsable, est incompatible avec l’attitude d’un acteur du changement. Car, lutter contre la corruption, c’est lutter contre une forme certaine de déshumanisation. Et c’est là justement qu’est la difficulté qui semble rendre improbable tout changement véritable en Haiti. La culture haïtienne ne fait pas écho de ces valeurs. 
 
L’échec haïtien est en lien avec une puissante déshumanisation qui prend possession de tout au nom de la survie et du profit personnel. L'incapacité pour les Haïtiens de se regrouper intelligemment, afin de construire une alternative sérieuse à l'échec, vient en grande partie du fait que chacun a une petite accointance avec ou une grande redevance envers les multiples réseaux nationaux ou internationaux de l'indigence. De sorte que chaque fois qu’une dynamique sociale, portée par un mouvement citoyen, ou même une critique radicale du système touche une des faces de l'indigence, elle se fait de puissants ennemis et devient minoritaire. En Haïti, les seules personnes qui bénéficient de la sympathie générale sont celles qui ont les accointances avec les réseaux nationaux et internationaux qui subventionnent la corruption. En Haïti, les seules idées qui sont reprises à l’unisson sont celles qui restent à la surface des choses et évitent de s'attaquer aux causes racines des problèmes.
 
Cette réalité est l’une des forces motrices qui structure la matrice de l’indigence. Tout se fait ici dans une permanente imposture Nous avons une grande devise "l'union fait la force". Par malice, nous l'avons exprimé dans la langue du colonisateur. Tandis que notre quotidien est plongé dans le "chak koukouy klere pou je w" imprégné de notre vraie identité, de notre vraie nature : l’éternel marron !
 
Tant que nous continuerons de marroner pour contribuer à l'indigence, tant que nous nous adapterons aux saisons, selon la force du vent qui fait gonfler les voiles nous emportant vers d’autres ailleurs, tant que nous n’aurons pas d’identité politique affirmée, tant que nos prises de position seront toujours filtrées, biaisées, incomplètes et superficielles, pour ménager nos sponsors et nos puissants bienfaiteurs, ce sera toujours le triomphe de la bêtise et de la déshumanisation dont la corruption n’est qu’une facette.
 
La seule manière de réduire la bêtise est que chacun renonce aux petites accointances et aux redevances qui maintiennent la dépendance par rapport aux réseaux de corruption. Car, c’est la dépendance aux accointances mafieuses et aux réseaux de l’indigence qui interdit d’aller aux causes racines des choses.


L’enclave structurelle de la corruption : opportunisme, individualisme et irresponsabilité

Par cette réflexion, nous ne cherchons point à affaiblir le mouvement des PetroChallengers. Bien au contraire,nous appelons à comprendre que la corruption est structurée par des médiocrités qui sont les milles expressions de nos attitudes personnelles et professionnelles. Tant qu’on n’accèdera pas à l’intelligence pour voir que ce sont les failles de nos succès indigents qui lézardent les murs de nos institutions, tant qu’on ne comprendra pas qu’il ne suffit pas d’élever la voix contre les politiques qui ne sont que les hommes de paille ou de banane de puissants acteurs nationaux et internationaux qui restent tapis de l’ombre, il n’y aura pas de changement de système en Haïti.
 
La corruption qui déshumanise Haiti, et dont Petrocaribe n’est que la partie politique visible, est structurée par des axes culturels qui participent de nos valeurs, de notre éducation, de notre façon de vivre et de nos petits succès. La corruption est portée par des proverbes indigents qui en font l'une des valeurs les plus partagées, les plus assumées en Haïti. Et même que ceux qui dénoncent rageusement la corruption peuvent ne pas douter de leur participation à la structuration de la corruption. Ainsi, malgré les chants Petro-Révolutionnaires, c'est la corruption qui façonne le climat des affaires des organisations en Haïti et impacte le comportement de presque tous les acteurs haïtiens. Car, ici, la réussite, telle que médiatisée et promue, est confinée dans une triangulation équidistante entre individualisme, opportunisme et irresponsabilité.
 
Autant d'axes qui structurent la corruption. Autant de faits qui invitent à comprendre que les slogans militants, que les dénonciations citoyennes, les initiatives politiques et les instructions judiciaires mal documentées ne pourront rien changer à la généralisation et à la banalisation de la corruption. A moins que chacun s'engage de sa volonté pour réduire l'impact culturel en cessant de contribuer et d'alimenter la dynamique de la corruption par ses propres attitudes
 
Au vrai, au-delà de la réussite indigente, il y a aussi ces proverbes qui célèbrent nos accointances et disent notre profonde adaptation à toute forme de médiocrité. Tout nous semble acceptable et supportable du moment que cela nous rapporte un peu et nous permet de rester vivant. Comme si vivre était la seule finalité de l'existence. Comme si réussir à tout prix était la seule motivation de l'intelligence. Et c'est l'écho de cette 
indignité humaine que laissent retentir certains de nos proverbes qui ne sont que des chants à la gloire de la médiocrité et de la corruption. Nous pensons notamment aux proverbes qui font :
  •    éloge de l’opportunisme et de l’escroquerie : « Se sòt ki bay, embesil ki pa pran » ;
  •    éloge de l’adaptation à la puanteur et à la laideur: « Bouche nen w bwè dlo santi » et « Pito nou lèd, nou la » ;
  •    éloge aux complicités d’avec toutes les formes de médiocrité : « Je wè bouch pe » ;
  •    éloge de l’irresponsabilité : « Se pa fòt mwen » ;
  •    éloge de l’individualisme : « Chak koukouy klere pou je w ».
Quand une culture est si élogieuse envers ces nombreuses facettes de la médiocrité, le salut ne peut venir que d'un engagement individuel résolu pour une régénération collective absolue.

Nous changer individuellement pour nous régénérer collectivement
Si vous ne mesurez pas toute l’inhumanité attachée à ces proverbes ancrés dans notre imaginaire de peuple et dans notre quotidien, vous ne pourrez pas comprendre l'ampleur des efforts à consentir pour le changement. Si vous ne comprenez pas que ces valeurs médiocres que nous transmettons à nos enfants, de génération en génération, sous forme de contes et de légendes nourris par les mythes de Ti Malice, le héros des réussites indigentes, alors il vous sera difficile de trouver le chemin de l'engagement pour la régénération.
 
Il est vital de comprendre que les germes de la corruption sont en chacun de nous et que nous représentons tous un risque pour la collectivité. C'est du reste en nous humanisant et en renonçant à nos mille attitudes individuelles et professionnelles médiocres que nous contribuerons à inverser la dynamique. C'est en risquant nos zones de confort, au prix de toutes les incertitudes, que nous nous engagerons à créer le climat propice au changement. 

Car le changement est une harmonie collective, il ne viendra que du battement d'aile de chacun de nous. Le changement  n'est qu'un immense feu de camp, il ne brillera que seulement si chacun éclaire de sa petite étincelle. Le changement ne peut se mettre en place que par une transmission générationnelle par laquelle jeunes et vieux, riches et pauvres, universitaires et professionnels, intellectuels et analphabètes d'une époque donnée conjugueront leur talent pour nourrir et allumer la flamme du flambeau à transmettre à ceux de la prochaine génération. Certes, il y a des efforts structurels et institutionnels à consentir pour crédibiliser la lutte contre la corruption. Ils sont de la responsabilité de ceux et celles qui assument le fonctionnement de l'état et qui portent la vision de la stratégie nationale. Cependant, cette vision doit s'imposer comme le reflet des aspirations de la collectivité. Et cela ne sera que si chacun consent à devenir une brique de valeurs fortes pour construire l'infrastructure éthique de la collectivité.

C'est dans cette dynamique structurelle innovante que doit s'orienter le réveil citoyen pour que le changement ne soit pas une simple substitution d'acteurs venant reproduire, avec moins d'indigence et d'aures gestuelles, le même scénario de la déshumanisation rédigé par les mêmes producteurs, les mêmes réalisateurs et les mêmes donateurs tapis dans l'ombre. Comme nous l'avons maintes fois répété, ce ne sont pas les acteurs qu'il faut uniquement changer; c'est toute l'industrie socio-économique et politico-médiatique qu'il faut changer. Car les acteurs ne sont pas recrutés pour leur talent propre, mais pour leur capacité et d'adaptation et de reproduction de la mise en scène qui toujours obéit à des finalités qui restent dissimulés dans l'intrigue du sujet et ne se dévoilent que dans le déroulement de la trame de l'histoire: éternelle farce ou drame pour les opprimés.

Erno Renoncourt ( Extrait : Initiative citoyenne pour un manifeste éthique)

Retour vers Enjeux Citoyens                                                                                                                Retour vers Éditorial